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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 12:15

  Les fictions dans le monde de la course automobile et du Vintage ont le vent en poupe auprès des lecteurs de tous âges. Pour preuve le triomphe de Cars et de ses produits dérivés, mais aussi le succès des Éditions Paquet avec leur collection Calandre, sans oublier la collection Plein gaz des Éditions Glénat qui prend le départ de la course aux lecteurs avec un album mettant en scène le pilote automobile Harry Octane, créé par Christian Papazoglakis et ses associés.   COUV-LES-NOIRES-PLEIN-POT-2.jpg

C’est justement sur la triple mode du Vintage, de l’automobile et de la fiction sombre qu’ont  surfé les auteurs des NOIRES… plein Pau, le recueil de nouvelles édité en 2011 par l’association Les Noires de Pau. Toutes les fictions publiées entretiennent un rapport avec le Grand-Prix de Pau qui se déroule chaque année sur un tracé qui emprunte les rues de la ville. Le choix du thème est excellent. La course automobile et la littérature noire se marient parfaitement. Elles se mijotent à partir des mêmes ingrédients, des héros, des tensions extrêmes, des rivalités impitoyables, du suspense, des personnages qui dépassent les limites, des drames… Plus encore que les autres pistes, les circuits en ville exacerbent l’angoisse. Aucune faute n’y est permise.   CLARK-A-PAU.jpg

Le format d’un recueil de nouvelles écrites par différents auteurs présente plusieurs avantages. Les dénouements interviennent rapidement à la grande satisfaction du lecteur impatient. Mais surtout, chaque écrivain transmet dans ses textes ses thèmes de prédilection, voire ses obsessions. Un collectif d’auteurs offre une palette d’émotions, de thèmes, de voyages dans des époques et des univers sociaux variés. Le lecteur des NOIRES… plein Pau remontera le temps pleins gaz aux côtés des auteurs de l’époque contemporaine au début des années 1900. Il croisera des pilotes de fiction, d’authentiques figures historiques du sport automobile, un célèbre gangster, un des plus grands détectives du monde, des paumés, des bolides mythiques arborant fièrement les marques Gordini, Delahaye, Dallara, Mercedes, Bugatti, Lotus, Ferrari, Cooper, BRM, Viper… Comme sur tous les circuits du monde, il trouvera des filles, beaucoup de filles, des pilotes, des bimbos, des femmes de pilotes… Il vibrera aux rugissements des moteurs sauvages, s’enivrera des parfums d’essence.

 

Mais Les Noires… plein Pau relèvent de la littérature noire. Nous ne déambulons pas négligemment dans l’univers du Club des 5. Les scénarii développés par les auteurs ne relèvent pas de success-stories. Les déceptions, les pleurs, les trahisons, les grains de sable qui font dérailler les destins s’invitent au fil des pages. C’est souvent le cas en sport automobile, hélas.   PRESSE-PAU-1.jpg

Félicitations à tous les auteurs pour cet intéressant recueil dans le monde du sport automobile. Je n’émettrai que deux critiques, dans un esprit constructif. J’aurais aimé davantage de dialogues dans certains textes, même si je sais par expérience que ce n’est pas évident dans une nouvelle courte. En outre, je conseillerai aux auteurs de ne pas hésiter à se montrer plus « politiquement incorrects ». N’ayez aucun complexe à mettre plus en avant les côtés sombres et cyniques des personnages, y compris quand il s’agit de vos héros préférés. Mais nonobstant ces deux observations, je conseille à tous les amateurs de littérature noire et de sports mécaniques d’acheter ce recueil. Il est présenté sur le site des Noires de Pau :

http://www.noires-de-pau.com/editions-nouvelles-noires-histoire-fiction.html#=

Vous pouvez vous le procurer en adressant un chèque de 11 € (participation aux frais de port inclus) libellé à l’ordre des Noires de Pau à l’adresse suivante :

LES NOIRES DE PAU

MJC du Lau

Avenue du Loup

64000  PAU

 

Les auteurs ayant participé à ce recueil sont (par ordre de publication de leurs textes dans le recueil) :

Sébastien Sarraude, Jean-Paul Basly, Jean-Marc Croquin, Frédérique Panassac, Jean-Claude Doléans, Régine Bernot, Ninou Dubois, Cécile Laurent-Santran, Christophe Leschiutta, Fabienne Rivayran.

Vous les retrouverez probablement un de ces jours en pleine  promotion d’un polar ou d’un roman noir.

 

QUELQUES LIENS A SUIVRE :

 

Mes vœux politiquement incorrects pour 2012 et le plaisir au volant

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2011/12/27/2012-l-annee-de-la-relance-decomplexee-du-plaisir-automobile.html

 

De la piste au polar (mon premier polar au cœur de la course automobile)

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2007/08/30/un-roman-a-lohéac.html

 

Rounds chocs pour Ronnie (une nouvelle illustrée dans la violence du sport automobile et du catch)

http://confidentielpaddocks.over-blog.com/article-rounds-chocs-pour-ronnie-40060607.html

 

L’histoire d’un autre recueil de nouvelles sur fond de sports mécaniques

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2009/12/26/dures-lois-du-cross.html

 

Des hommages à des pilotes disparus croisés au fil des pages des NOIRES… plein Pau

Mike Hawthorn :

http://confidentielpaddocks.over-blog.com/article-mike-hawthorn-une-vie-de-reve-et-de-cauchemar-43343599.html

Pedro Rodriguez (et son frère Ricardo)

http://www.sportauto-comite12.org/index.php?option=com_content&view=article&id=715:la-saga-des-freres-rodriguez-au-mans&catid=1:circuit&Itemid=3

Jim Clark

http://confidentielpaddocks.over-blog.com/article-jim-clark-un-des-plus-grands-seigneurs-de-la-course-48083954.html

 

Thierry Le Bras  

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 18:19

Précisons tout de suite, la Dauphine dont il est question est un modèle de voiture produit par Renault jusqu’au milieu des années soixante et pas une des perdantes de l’élection de Miss France longtemps organisée par madame de Fontenay.   CHAPEAU-CAPELINE.jpg

J’ai préféré appeler la dame au chapeau « madame » plutôt que « la Belle de Fontenay » car la dame en question pourrait être vexée de se voir désignée par le nom d’une patate, même si elle est intronisée membre de la Confrérie de l’andouille de Vire. Non, si madame de Fontenay fut sans doute une belle plante dans sa jeunesse, elle n’a rien d’un légume et c’est un pur hasard si son compagnon, avec qui elle organisa les concours de Miss, s’appelait… monsieur Poirot. Heureusement, l’orthographe du sieur Poirot ne correspond pas à celle du légume qui s’associe si bien aux pommes de terre dans la soupe.

 

Une miss en détresse

 

La jeune femme en détresse au bord de la D 152 qui relie Larmor Plage à Ploemeur aurait mérité de concourir pour le titre de Miss France 1968. Élancée, bronzée par le soleil de juillet, elle regardait avec tristesse sa Dauphine garée à cheval sur le bas-côté. Une légère brise faisait flotter ses longs cheveux bruns. Avec sa minijupe à carreaux et son chemisier de soie blanc, elle ressemblait un peu à Françoise Hardy.   AFFICHE-GRAND-PRIX.jpg

    Or, Ronan était un fan absolu de l’icône deSLC Salut les copains depuis qu’il l’avait vue dans Grand-Prix, le film de John de Frankenheimer. Il considérait que Jean-Marie Périer, le photographe des vedettes, était un sacré veinard. Non seulement il mettait Françoise en valeur dans les magazines, mais en plus il avait partagé sa vie ! Il n’était pas difficile d’imaginer l’apparition miraculeuse chantant  Tous les garçons et les filles. L’idée traversa immédiatement l’esprit de Ronan lorsqu’il aperçut la belle.   MOBPEUGEOT1.jpg

Le garçon déboulait plein gaz au guidon de sa mobylette Peugeot au look de petite moto vrombissante.  Quatre ans avaient passé depuis l’épisode raconté dans Première sortie de piste pour Ronan.

(cf. http://polarssportsetlegendes.over-blog.com/article-premiere-sortie-de-piste-pour-ronan-86011129.html  ).

La petite bande avait quitté l’enfance pour entrer de plain-pied dans l’adolescence. Ronan avait quinze ans. Avec ses cheveux blonds qui lui couvraient les oreilles et son visage parsemé de taches de rousseur, il conservait un air espiègle. Il s’était étoffé mais, malgré un physique solide, il manquait de confiance en lui. La vie ne l’épargnait pas  et il se sentait la cinquième roue du carrosse dans sa famille. Heureusement qu’il avait de bons copains. Tous les soirs de cette période estivale, après son travail à l’atelier de carrosserie de Lanester, il rejoignait André, Freddy et Éric qui campaient à Ploemeur sous la surveillance – ou plutôt avec la complicité - d’un nouveau retraité, Victor Le Guénan, le truculent grand-père d’Éric. Les copains de Ronan étaient lycéens. Lui entrait dans la vie active. Mais pour rien au monde, il n’aurait renoncé à camper avec eux l’été.  

TENTE-CANADIENNE.jpg

    Tant pis s’il fallait se lever tôt le matin afin d’aller travailler. Se baigner et jouer au volley avant de dîner, chanter du Johnny, du Eddy Mitchell, du Hugues Auffray au son d’une guitare pas trop bien accordée autour du feu de camp, plaisanter avec ses amis, passer des moments inoubliables avec eux valait bien quelques kilomètres de route en plus et quelques minutes de sommeil en moins. D’autant qu’au camping, il y avait de jolies filles et que comme tout adolescent, Ronan draguait volontiers. La belle en détresse au bord de la route surclassait les adolescentes auprès desquelles il affutait ses armes de séducteur. Beaucoup de filles de son âge cherchaient à séduire en sur-jouant un rôle de starlette. Ronan en connaissait qui rivalisaient d’exhibitionnisme mental afin d’attirer l’attention. Elles faisaient des manières, parlaient haut, riaient trop fort, évoquaient avec orgueil un avenir radieux de coiffeuse, voire d’esthéticienne... La femme à côté de laquelle il se garait paraissait sereine, sûre de plaire. C’était une déesse  pleine de classe, incroyablement attirante.  DAUPHINE2.jpg

Ronan immobilisa sa mobylette devant la Dauphine. Un parfum qu’il n’identifia pas mit tous ses sens en émoi. C’était du N°5 de Channel. Ronan ne l’oublierait jamais. Quelques années plus tard, la même senteur voluptueuse suivrait une conquête de Freddy. Ronan oserait lui demander le nom de son parfum et repenserait à la superbe créature à la Dauphine.

 

Ronan descendit de sa petite moto.

 

- Je peux vous aider ? proposa-t-il à l’apparition féérique.

 

- Je ne sais pas. Je suis en panne. Si vous vous y connaissez…

 

Ronan, un spécialiste des Dauphine

 

Ronan eut envie de mentir, de prétendre qu’il ne connaissait rien aux voitures, qu’il n’arriverait  jamais à la réparer, mais qu’il  pouvait amener la jeune femme quelque part. Il l’imagina derrière sur la mobylette, serrée contre lui, l’ensorcelant avec  son subtil parfum de déesse tombée du paradis. Mais Ronan était un gentleman, un seigneur qui n’aurait pas trompé la confiance d’une femme.

 

- Je me prépare à devenir carrossier et j’adore les voitures, répondit-il. En plus, je connais bien les Dauphine. J’ai un copain qui en a une et c’est moi qui l’entretiens. Si quelqu’un peut vous dépanner sur place, c’est moi.   DAUPHINE-GORDINI.jpg

C’était vrai. La bande avait sympathisé avec Pierrick Bellec, un jeune capitaine des Fusillés marins basé à Lann Bihoué. Pierrick possédait une Dauphine Gordini de mille neuf cent soixante-trois. Spécialiste du close combat, le militaire était un sportif accompli qui n’avait peur de rien. Il faisait partie des héros de Ronan, au même titre que les pilotes Giacomo Agostini et Bruce McLaren, le boxeur Jo Frazier ou l’acteur Lino Ventura. En plus, Pierrick, il le connaissait, c’était son copain, tandis que les autres, il avait peu de chance de les rencontrer un jour. Alors, l’adolescent morbihannais aurait considéré comme une insulte de ne pas être chargé de l’entretien de la Dauphine Gordini. Il la soignait  aux petits oignons. Ronan rêvait que Pierrick la conserverait encore trois ans. A cette époque-là, il aurait dix-huit ans. La Dauphine Gordini ne coterait plus très cher à l’argus. Il la rachèterait. L’auto du copain qu’il admirait deviendrait sa première voiture. Avec la Dauphine Gordini blanche à bandes bleues, il ferait des ravages auprès des filles !

 

Ronan se dirigea vers l’arrière de la Dauphine et souleva le capot.

 

- Oh ben ça alors, Renault a prévu un moteur de secours à l’arrière, s’enthousiasma la belle. Je suis sauvée. Je vais pouvoir repartir.

 

Ronan réprima son envie de rire. Pas question de la vexer. En outre, il était conscient que si elle l’interrogeait sur la mode, il commettrait des bourdes aussi énormes que l’ignorance de la place d’un moteur Renault.

 

- Pas tout à fait, corrigea-t-il. Contrairement à la 2 cv, à la DS, aux Panhard, aux Aronde et à plein d’autres modèles, la Dauphine a le moteur à l’arrière. Vous l’avez depuis longtemps ?

 

- Non, une semaine. C’est ma première voiture. J’ai appris à conduire sur une 4L à l’auto-école. Avant de l’acheter, j’empruntais la 3 cv de ma mère de temps en temps. Ou la 204 de mon fiancé. Mon père n’a jamais voulu me laisser conduire sa 404.

 

Ah, elle était fiancée…  La nouvelle ne surprit pas Ronan au fond. C’eût été impensable qu’une aussi jolie fille soit libre. Les miracles n’existaient qu’au catéchisme et dans les contes de fées. Ronan était trop grand pour les histoires relevant des deux catégories.   DAUPHINE1.jpg

- C’est grave ? s’inquiéta la belle.

 

- Je ne crois pas, non. Juste un problème de tête de delco qui a dû bouger avec les vibrations de la route. Essayez  de remettre en route.

 

La belle tourna la clé de contact. Le moteur démarra au quart de tour. Elle le laissa tourner mais redescendit de voiture. Ronan avait fermé le capot. Il avança vers elle. Il avait les mains noires et se sentait embarrassé.

 

- Attendez, j’ai quelque chose pour vous.

 

La belle remonta dans la Dauphine, puis en ressortit avec un très joli sac à main en cuir fauve. Elle tendit des mouchoirs en papier à Ronan qui s’essuya consciencieusement les mains. Ils s’observaient  sans parler.

 

- Qu’est-ce que je peux faire pour vous remercier ? interrogea la belle.

 

- Acceptez de prendre un verre avec moi, osa Ronan.

 

Il s’était lancé, certain de se faire envoyer balader. Elle le regarda en souriant. il devina qu’elle n’était pas insensible à son charme et en conçut une soudaine fierté. Elle soupira.   FRANCOISE-HARDY.jpg

    - Vous êtes un jeune homme charmant et franchement craquant. Mais je ne peux pas. Je suis fiancée, je me marie dans quinze jours et nous partons en voyage de noces en août.

 

- Il a de la chance.

 

- Je suis sûr que vous avez plein de copines qui vous dévorent des yeux dès que vous approchez d’elles.

 

- Pas faux, mais aucune ne vous arrive à la cheville.

 

- Un de ces jours, une fille vous éblouira tellement que vous ne vous souviendrez même pas de notre rencontre.

 

- Ça m’étonnerait que je puisse vous oublier. Comment vous appelez-vous ?

 

- Noëlle. Mes parents voulaient m’appeler Françoise, mais je suis née un 24 décembre. Ils y ont vu un signe et m’ont appelée Noëlle.

 

Elle s’approcha un peu plus de lui, posa une main sur son bras  et l’embrassa sur la joue. Ils rougirent tous les deux. Puis elle remonta en voiture, ferma la portière, enclencha la première et s’enfuit vers son destin. Ronan n’avait pas bougé. Il avait juste reculé de quelques centimètres pour qu’elle puisse démarrer sans lui rouler sur les pieds. Sa dernière vision de la déesse fut le chapeau blanc à rayures bleues (presque comme une Gordini) posé sur le siège arrière de la Dauphine. Il ne profita pas du spectacle de la petite Renault s’éloignant sur la route. Un car de tourisme qui ramenait une troupe de gamins chahuteurs à la colonie de vacances la lui masqua tout de suite. Il ne prêta pas attention aux plus délurés qui, assis au fond du bus, lui faisaient des grimaces. Les pauvres gosses, ils ne savaient pas encore apprécier la grâce et la classe d’une femme sublime.

 

Comme un pauvre moto-boy solitaire

 

Ronan remonta sur sa mobylette. Jamais il n’avait encore ressenti un tel émoi en présence d’une fille. Il était à la fois triste et émerveillé.   MOBPEUGEOT2.jpg

    Après le dîner, il se confia à Éric.

 

- Si j’avais l’âge de Pierrick et si j’étais aussi costaud que lui, elle aurait accepté mon invitation, enragea l’amoureux déçu. Elle aurait peut-être quitté son fiancé. Elle a ressenti quelque chose pour moi, j’en suis sûr. Seulement, je suis trop jeune. Je ne peux pas encore la protéger ni prendre soin d’elle.

 

- Sans doute, approuva Éric. Tu l’as touchée. La preuve, elle ne savait pas Comment te dire adieu. Sous aucun prétexte, elle ne voulait avoir de réflexe malheureux. Elle a dû être bien perplexe avant de se résoudre aux adieux… Vois le bon côté des choses. Tu as quinze ans et tu as plu à une femme comme elle qui ressemble à Françoise Hardy. Tous les espoirs te sont permis. Le temps va passer vite. Dans quelques années, tu serreras dans tes bras des femmes superbes comme Françoise Hardy, Anouk Aimée, Brigitte Bardot, Claudia Cardinale, Mia Farrow…

 

- Puisses-tu dire vrai, soupira Ronan. Moi pour un peu, ce serait derrière un Kleenex que je saurais mieux comment lui dire adieu… Cette dame au chapeau avec sa Dauphine, c’était… C’était un vrai conte de fée.

 

- Non, c’était un conte de Noëlle, plaisanta Éric.

 

Ronan aurait beau s’arrêter un quart d’heure chaque soir au lieu de leur rencontre fortuite les jours suivants, il ne reverrait pas Noëlle. Ni l’été mille neuf cent soixante-huit, ni plus tard. Il ne l’oublierait pourtant jamais. Mais dès la fin du mois de juillet, les baisers de Marylène, dix-sept ans, rendraient plus douce la peine provoquée par la fuite de Noëlle.

 

QUELQUES LIENS A SUIVRE

 

D’autres émois estivaux, à La Baule les Pins

http://circuitmortel.com/2016/05/navigateur-au-rallye-de-la-baule-1969/  

 

Ronan contre la mère Poupoune  http://0z.fr/SBfWH

 

Sensations extrêmes, souffrance, jouissance, ou le résumé d’une vie de pilote http://bit.ly/1R9OCsP

 

Thierry le Bras  

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3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 12:19

  J’entends déjà les Vade retro Satanas des bien-pensants qui frémissent d’horreur en imaginant l’association du diable à la sacro-sainte image de Noël.  CHATON-DE-NOEL.jpg

Qu’ils se rassurent. Non, je ne blasphème pas. Je n’annonce pas davantage la fin du monde en livrant une interprétation inédite des prédictions de Nostradamus. Ni même l’explosion de l’euro. D’autres sont bien plus qualifiés que moi pour évaluer les probabilités de sa pérennité. Mon propos est plus modeste et plus personnel. Je m’adresse simplement à vous pour vous inciter à acheter GARE A LA MAIN DU DIABLE, mon dernier roman, un thriller cross-age teinté de fantastique dont l’action se déroule dans l’univers de la course au large.

 

Noël approche. Faites plaisir à vos proches en leur offrant GARE A LA MAIN DU DIABLE, incitez les vôtres à vous l’offrir, ou faites-vous un cadeau en l’achetant pour vous. Après tout, on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même et s’acheter un livre n’est pas un péché, même à la période de Noël. Enfin, je ne crois pas…   MER-INQUIETANTE.jpg

Pourquoi achèteriez-vous GARE A LA MAIN DU DIABLE ? Je vous répondrais volontiers, pour me faire plaisir, mais ce serait sans doute insuffisant pour vous convaincre. Mieux vaut donc que je développe d’autres arguments. Par chance, ils ne manquent pas :

- l’action se déroule dans un univers dangereux, celui de la course au large. Les émotions sont garanties. La mer est superbe, magique, envoûtante. Inquiétante aussi. Elle ne pardonne aucune erreur, aucune faiblesse. Sur un bateau, tout peut arriver ;

- la course s’annonce mal ; le jour du baptême du trimaran de Florian, le skipper malouin, la bouteille de champagne ne se casse pas à la première tentative. Un terrible présage pour les marins, traditionnellement superstitieux. Le diable va-t-il s’acharner sur le voilier ? Cette perspective angoissante contribue au suspense qui règne sur tout le scénario ;   COUV GARE A LA MAIN DU DIABLE

- les héros sont attachants ; chaque lecteur, qu’il soit adulte ou adolescent, trouvera un personnage à qui s’identifier ;

- les  jeunes garçons rêveront d’incarner Sébastien ou de s’intégrer à sa bande, de draguer la ravissante Tatiana ; les jeunes filles imagineront séduire le lycéen qui aspire à devenir journaliste, ou l’avoir comme ami ou grand frère ;

- les adultes échapperont aux contraintes de leurs vies rythmées par les responsabilités  pour s’immerger dans l’insouciance perdue de la jeunesse ; à moins qu’ils se voient dans la peau de Florian, le skipper, ou de Jules, le vieux peintre plein de noblesse et de sagesse ;

- les méchants jouent leur rôle, pas forcément celui qu’on attend d’eux ; le diable est-il un acteur de l’histoire, un manipulateur, une chimère ? Comment un ancien copain a-t-il pu devenir un ennemi ? Des malfaiteurs s’acharnent-ils à nuire au navigateur ?

- Florian, le skipper, survivra-t-il à la périlleuse traversée de l’Atlantique qui l’attend ? Ses jeunes amis parviendront-ils à déjouer les fortunes de mer qui s’abattent sur lui avec la violence d’une succession de déferlantes au cœur de la tempête ?

- l’action se passe au printemps et en été, au bord de la mer ; un cadre agréable lorsque la pluie cogne aux carreaux et que le thermomètre baisse aux alentours de zéro degré ;

- à la fin du roman, vous trouverez de véritables histoires de superstitions maritimes. Des anecdotes hallucinantes, angoissantes et parfois pleines d’humour !

 

Voilà, précipitez-vous chez votre libraire préféré ou commandez GARE A LA MAIN DU DIABLE en ligne. Vous trouverez toutes les informations nécessaires en cliquant sur les liens en fin de page.  COUV CHICANES ET DERAPAGES opt

Avant de vous quitter, je vous suggère un autre de mes romans, si vous ne le connaissez pas encore. CHICANES ET DÉRAPAGES de Lorient au Mans met en scène un de mes personnages récurrents, David Sarel, un maître du Barreau qui, chaque week-end ou presque, troque sa robe d’avocat pour sa combinaison et son casque de pilote. Car la grande passion de David, c’est la course automobile. Les affaires judiciaires et le sport de compétition se cuisinent avec les mêmes ingrédients. Le suspense, l’angoisse, les intérêts financiers, les rivalités, parfois les coups tordus, les vieilles rancoeurs, les haines sauvages, les débordements de violence, les personnages hors normes…

 

Dans CHICANES ET DÉRAPAGES de Lorient au Mans,  David risque sa vie à chaque instant. Un de ses amis d’enfance est sauvagement assassiné. David ne manque pas d’ennemis, Des terroristes contre lesquels il plaide veulent lui faire la peau. La deuxième femme de feu son père, une morue sans scrupules acoquinée à un dangereux gangster, songe à le faire exécuter afin de l’empêcher de divulguer ses machinations financières et ses crimes. Sans compter d’autres tueurs potentiels, un curieux sorcier chinois et des menaces qui se profilent à chaque coin de page…

CATY-CALY.jpg

Pour les lectrices, je préciserai que CHICANES ET DÉRAPAGES de Lorient au Mans n’a rien d’une histoire  macho réservée aux mecs amateurs de sports violents. Plusieurs femmes y jouent des rôles de premier plan, à commencer par Caty Caly, une pilote qui existe vraiment et qui, dans ce scénario interprète son rêve, disputer les 24 Heures du Mans au sein d’une équipe entièrement féminine (y compris dans les stands). Oucha Prédipe, jeune femme indienne installée à Londres, pilote quant à elle un proto et vise un podium au classement général. Juliette, la voyante couguar qui vit avec un jeune catcheur, s’efforce de mettre sa connaissance du paranormal au service de David. Arielle, l’épouse de David, se trouve confrontée à une violence et à des doutes qu’elle ne soupçonnait pas. Et je ne vous dis pas tout…

 

Vous aimez les polars, le sport, les légendes ? Mes romans sont faits pour vous, c’est certain !

 

Dans quelques jours, je mettrai en ligne sur ce blog un conte de Noël inédit. Mes thèmes de prédilection seront au cœur de la fiction.

 

QUELQUES LIENS A SUIVRE

 

Découvrez les premières pages de GARE A LA MAIN DU DIABLE

http://polarssportsetlegendes.over-blog.com/article-g-83517093.html

 

Toutes les références du livre en bas de la note qui suit

http://polarssportsetlegendes.over-blog.com/article-nouveaute-polar-81824882.html

 

CHICANES ET DÉRAPAGES de Lorient au Mans, une présentation plus complète

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2007/05/25/romans-recits-fictions-et-sport-automobile.html

 

Des idées de cadeaux de Noël pour pilotes automobiles

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2010/12/15/cadeaux-de-noel-pour-pilotes-de-l-ouest-et-d-ailleurs.html

 

Un cadeau de Noël gratuit : une nouvelle jeunesse dans le monde de la moto en ligne sur

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2009/12/26/dures-lois-du-cross.html

(les commentaires de cette note contiennent des liens vers d’autres fictions gratuites dans l’univers des sports mécaniques)

 

Thierry Le Bras  

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 12:31

Au cinéma, le rôle de Tintin fut interprété par… Talbot.   JP-TALBOT-1.jpg

Tintin et les sports mécaniques, c’est une véritable histoire d’amour. Grand voyageur, jeune homme intrépide, le journaliste belge pilota avec brio les bolides les plus performants, qu’il s’agisse de motos, de voitures ou d’hélicoptères.   TALBOT-LE-MANS.jpg

Si le film de Spielberg cartonne actuellement dans les salles, Tintin avait déjà existé sur grand écran. Deux films franchement réussis virent le jour au début des sixties.   Le Mystère de la Toison d'or, d’abord, réalisé par Jean-Jacques Vierne en 1961, puis  Les Oranges bleues, réalisé par Philippe Condroyer en 1964. Le rôle de Tintin y était interprété par Jean-Pierre Talbot. Talbot, un nom prédestiné pour un acteur jouant le rôle d’un fonceur qui multiplie les scènes d’action aux commandes d’engins mécaniques. Car si la marque Talbot a disparu aujourd’hui, elle fut longtemps symbole de voitures de qualité. Au temps d’Hergé, des pilotes tels que Raymond Sommer, Louis Chiron et Pierre Levegh défendirent les Talbot bleu France en Grand-Prix et au Mans.   JP-TALBOT-4.jpg

A vrai dire, rien ne prédestinait Jean-Pierre Talbot au cinéma. Le jeune homme qui allait devenir Tintin pour des millions de spectateurs et de téléspectateurs fut repéré sur une plage d’Ostende où il était moniteur de sport pendant les vacances. Jean-Pierre avait seize ans et se destinait à l’enseignement, pas à une carrière de comédien. C’était un sportif accompli qui courait le 100 mètres en 11’’8 et sautait 6,20 mètres en longueur. Il accepta le rôle et obtient l’autorisation de ses parents pour les tournages. Mais il refusa par la suite d'entrer dans la peau  d’autres personnages. « Je ne pouvais pas refuser de jouer Tintin, témoigne-t-il. Mais avant de l'incarner, j'avais déjà choisi ma vie, devenir instituteur puis directeur d'école, ce que j'ai fait jusqu'à ma retraite. Et puis, ne pas faire d'autres films m'a permis de rester Tintin aux yeux de tous. »  JP-TALBOT-2.jpg

Jean-Pierre Talbot a soixante-huit ans désormais. Il a atteint ses objectifs, pris sa retraite et raconté son expérience dans un livre intitulé J’étais Tintin eu cinéma, paru aux Éditions Jourdan.

(cf http://www.editionsjourdan.com/fichelivre.php?livre=41 )

Curieuse coïncidence, Jean-Pierre, qui porte le nom d’une grande marque de l’histoire automobile et joua le rôle d’un journaliste adroit au guidon comme derrière un volant est né à Spa, commune qui abrite un des circuits les plus mythiques du monde. Et aujourd’hui encore, il habite tout près de Spa. Il aurait aussi pu jouer Mauro Caldi ou, avec ses cheveux teints en brun, Michel Vaillant !

 

QUELQUES LIENS (mis à jour le 30 mai 2016)

 

Les autos de Tintin

sur le site de François de Dardel :

http://dardel.info/tintin/index.html

le livre Hergé, Tintin et les autos aux Éditions Moulinsart

http://www.toys-collection.com/tintin/tintin-herge-les-autos.htm

 

DESIGNMOTEUR présente l’exposition 50 ans de style Bond http://www.designmoteur.com/2016/04/james-bond-007-exposition-50-ans/  
 

Héros de BD publié dans le journal Tintin, Michel Vaillant poursuit sa carrière à l’époque des loups de la finance http://bit.ly/1Xo4tJh  

 

Auteur obsédé par la course automobile rêve d’être pilote officiel, au moins une fois… http://bit.ly/1nGocrQ  

 

Ronnie, né pour devenir personnage de BD  http://0z.fr/DwoeM  

 

Bolonié, tricheur pathologique au point de devenir drôle http://0z.fr/110Cx  

 

Thierry Le Bras    

 

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 11:19

une mésaventure de Robin Lee GrahamRL-4.jpg

Parmi les pires dangers qu’affrontent les navigateurs figure la piraterie maritime. J’ai choisi de rapporter aujourd’hui un moment de terreur qu’affronta Robin Lee Graham, le plus jeune circumnavigateur solitaire de tous les temps puisqu’il appareilla à seize ans. Au retour, il raconta son tour du monde dans un livre intitulé Dove. Ce récit fut et demeure un coup de cœur pour moi. J’espère vous le faire partager.  

 

Robin Lee avait commencé son périple en 1965. Son voyage dura cinq ans. Il fit de nombreuses escales au cours desquelles il travailla à terre afin de gagner un peu d’argent.   PORTRAIT-1-ROBIN-LEE.jpg

L’adolescent parti de Californie devint un homme au cours du périple. Il fit la connaissance de Patti, une jeune femme qu’il épousa. Patti le rejoignait aux escales. Un soir, le couple crut sa dernière heure arrivée. Robin Lee et Patti avaient mouillé leur voilier le long d’une petite île au large de Nassau. Tout à la joie de la navigation à deux et de la découverte de sites paradisiaques, ils ne se doutaient pas du danger qui rôdait. A deux heures du matin, le bruit d’un moteur les réveilla. « Un bateau de cent cinquante pieds était en train de glisser devant nous, sans le moindre feu, se souvient Robin Lee. Tout à coup, un projecteur s’est allumé de l’autre côté de l’eau et a balayé la crique à l’opposé de l’endroit où nous étions amarrés. »

 

Comme dans un polar

 

Tapis dans leur cabine, Robin Lee et Patti ne pouvaient qu’attendre. Un quart d’heure s’écoula. Une éternité.

 

« Toute la scène avait l’air issue d’un roman policier, reprend le navigateur. Tout le monde sait qu’il y a des contrebandiers dans ces eaux et j’étais certain qu’il s’agissait d’un bateau qui faisait du trafic. »   PORTRAIT-2-ROBIN-LEE.jpg

 

Les bandits des mers ne laissent pas de témoins derrière eux. Selon les registres des Lloyds de Londres cinq à dix bateaux disparaissaient corps et biens chaque année sans laisser la moindre trace à cette époque. Combien furent victimes de pirates ? Beaucoup sans doute. Les Caraïbes méritent bien leur réputation sulfureuse.

 

Robin Lee connaissait les dangers des traversées transocéaniques. De terribles tempêtes avaient secoué son bateau avec rage. Un cargo l’avait abordé. Un démâtage l’avait contraint à fabriquer un gréement de fortune pour rejoindre un port. Il avait subi des attaques de requins. Il savait que certains marins comparent les conditions de navigation à la guerre tant la vie en mer se montre cruelle. Le skipper de Return of Dove possédait un caractère bien trempé. Mais malgré son courage et son sang froid, il n’avait pas appris à se battre contre des pirates. Il n’avait pas d’arme efficace à bord pour un tel affrontement.

 

Un repère de la mafia

 

L’atmosphère nocturne accroît l’angoisse. Blottie contre Robin Lee, Patti sentait sa gorge se serrer et sa bouche devenir sécher. Son cœur battait si fort qu’il lui semblait que les pirates allaient l’entendre.  ROBIN-LEE-ET-PATTY.jpg

    « Nous étions en danger, poursuit le navigateur. Que nous auraient fait ces gens s’ils avaient découvert que nous avions assisté à tout leur manège ? Je préfère ne pas l’imaginer. »

 

Ce jour-là, les Dieux de la mer décidèrent de protéger l’équipage de Return of Dove. Le navire suspect fit marche arrière pour sortir du récif et disparut dans la nuit, tous feux éteints.

 

« Un de nos amis nous a conseillé de ne rien dire de ce que nous avions vu, conclut Robin Lee. Il se passait tout le temps des choses curieuses dans cette région. Un gars qui avait trouvé une caisse de bière sur la plage en ouvrit une bouteille. Elle était pleine de billets de cent dollars. On prétend que l’île Paradise est l’un des coins favoris de la mafia. O.K., ils peuvent la garder. Nous en trouverons bien une autre pour nous … »

 

QUELQUES LIENS A SUIVRE

 

Gare à la main du diable

Mon dernier roman, un thriller jeunesse teinté de fantastique dans l’univers de la course au large.   COUV GARE A LA MAIN DU DIABLE

    Les superstitions maritimes y tiennent une place importante. A la fin du livre, je raconte les superstitions auxquelles croient les navigateurs, et je souligne particulièrement celles qui impressionnaient Robin Lee :

http://polarssportsetlegendes.over-blog.com/article-nouveaute-polar-81824882.html

et

http://polarssportsetlegendes.over-blog.com/article-g-83517093.html

(avec un lien vers les premières pages du livre accessibles gratuitement)

 

Dove de Robin Lee Graham a un compte Facebook

http://www.facebook.com/pages/DOVE-by-Robin-Lee-Graham/125790077436667

et est présenté sur plusieurs sites américains, p. ex.

http://www.bluemoment.com/dove.html

(il existe une version française que vous pourrez sans doute trouver d’occasion sur un des sites spécialisés dans les ventes aux enchères)

 

Surprise au Rallye du Kenya

Quelques aventures de Christian Rio, alors pilote officiel Citroën, au Kenya, en Finlande, au RAC et ailleurs :

http://circuitmortel.hautetfort.com/tag/christian%20rio

 

Thierry Le Bras

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 14:34

        Des pilotes déchaînés, une belle fille, une empoignade dans le premier tour, des bolides, le souvenir de pilotes qui firent vibrer les foules… Une nouvelle pour les lecteurs de 11 à 111 ans et plus.

 

« Nous étions sur la ligne de départ, concentrés à l’extrême », se souvient Éric Trélor, ami d’enfance du pilote. Le circuit commençait par un virage à droite à fond absolu suivi d’un gauche 90. L’important pour chaque pilote était de réussir un départ canon pour rentrer le premier dans le gauche. Après, le tracé était si sinueux et si étroit qu’il serait très difficile de doubler avant le retour sur la ligne droite du départ. A mon emplacement, le bitume était parfait. Pas de poussière, pas de terre, pas de graviers, pas de risque qu’un pneu cire à l’accélération ».   DEPART.jpg

   Tous les pilotes connaissent la tension des dernières secondes avant le départ, l’instant où le peloton va bondir vers le premier virage. Gare aux accrochages, gare aux empoignades.

 

La pression du départ

 

- Le rythme cardiaque s’accélère, reprend Éric. Parfois, ton regard croise celui d’un autre pilote. Ou tu l’ignores comme si tu ne faisais même pas attention à lui, ou tes yeux expriment le défi que tu lances à l’adversaire, au rival à qui tu veux montrer ta supériorité. Mes yeux croisèrent ceux de Ronan deux mètres à ma droite. Qui de nous deux voulait le plus gagner ? Lequel s’imposerait devant la belle Sarah, une fille superbe pour la préférence de laquelle nous étions des rivaux acharnés. Elle était si belle, Sarah avec ses yeux vert d’une douceur infinie, ses longs cheveux bruns qui flottaient sur ses épaules, son sourire d’ange, ses formes parfaites qui valaient bien celles de Gina Lollobrigida, au moins dans nos esprits…  

DRAPEAU DEPART

    Éric marque une courte pause avant de reprendre son récit.

 

- Plus que 30 secondes, plus que 15 secondes, plus que 5 secondes. Le drapeau bleu, blanc, rouge s’abaissa et nous nous ruâmes vers le premier droite. Nous étions quinze à participer à cette course sauvage organisée par mon grand-père Victor dans des ruelles et sentiers de Lanester. C’était en 1964, l’année où Jean Guichet et Nino Vaccarella remportèrent les 24 Heures du Mans sur une Ferrari 275 SP, où John Surtees devint Champion du monde de F1, où Paddy Hopkirk et Henry Liddon gagnèrent le Rallye de Monte-Carlo avec une Cooper S. J’appuyais sur les pédales de toutes mes forces. Je savais que j’avais très peu de chances de gagner. En toute logique, je devais finir 5ème ou 6ème. La victoire devrait se jouer entre Freddy et André. Freddy avait douze ans, André, Ronan et Dominique onze, et moi seulement dix. A cet âge, quelques mois de différence comptent. Freddy était déjà au lycée, mais comme c’était mon meilleur ami, il se mêlait toujours à nos activités le jeudi.

 

La brune compte pas pour des prunes

 

A ce stade, le lecteur se demande sûrement qui était la belle Sarah ? Il serait inhumain de faire durer le suspense plus longtemps. Sarah, c’était une vieille de 22 ans qui travaillait comme vendeuse à la boulangerie. Elle plaisait beaucoup à Éric et à Ronan, même si la différence d’âge rendait toute relation sérieuse impossible, d’autant que la belle était déjà mariée avec un type de l’Aéronavale affecté à Lann Bihoué, un détail qui n’empêchait guère Éric et Ronan de faire les jolis cœurs et de rivaliser de charme à la boulangerie, chacun aspirant au rang de préféré de la jolie Sarah. Comme la course commençait à 14 heures et que Sarah ne reprenait son travail qu’à 15 heures 30, elle était venue apporter son soutien à ses deux plus jeunes admirateurs.   COUREURS CYCLISTES 1 opt

    - Ronan a réussi un départ canon, rapporte Éric. Il est sorti du droite en tête. C’était un costaud, de taille moyenne, mais bien charpenté, un blond qui portait les cheveux courts à l’époque, avec quelques taches de rousseur qui lui donnaient l’air un peu espiègle quand il souriait. J’étais plus grand que lui mais moins costaud. Je m’étais pas mal débrouillé au départ et je crois que j’étais deuxième. Dans la ligne droite d’un peu moins de cent de mètres avant le gauche, André et Freddy m’ont doublé et ils sont aussi passés devant Ronan. Le gauche approchait. Dominique, un autre costaud qui se distinguait surtout au foot mais avait des cuisses comme disent les commentateurs de courses cyclistes m’a débordé aussi. Je n’ai pas insisté, je me suis déporté tout à gauche, et quand il a freiné pour tourner, je me suis infiltré à la corde en m’appuyant sur lui. De l’autre côté de la piste, un drame se jouait. Vexé de s’être fait remonter par André et Freddy, Ronan a tenté le tout pour le tout. II a voulu revenir à leur niveau au freinage et les tasser pour tourner. La manœuvre était osée, car c’est très délicat de s’imposer en faisant l’extérieur. La première phase de la tentative s’est bien déroulée. Mais au moment de freiner, Ronan s’est trouvé sur une plaque de graviers. Il a tiré tout droit dans une espèce de grange où était garée la Peugeot 404 injection gris métallisé toute neuve d’un jeune marin pêcheur heureusement parti quelques jours en mer. Le choc était inévitable. Ronan a heurté l’aile arrière de la 404. Nous étions en short et maillots à manches courtes, comme dans une course cycliste officielle. Bilan, le genou gauche et le coude gauche bien écorchés plus un gros hématome sur l’extérieur de la cuisse droite pour Ronan et une rayure de 75 centimètres sur l’aile arrière gauche de la 404…

 

The Race must go on

 

La course se poursuivit pourtant. Comme the show, the race must go on. Elle ne durait que deux tours d’un peu plus d’un kilomètre dans les ruelles et sentiers du quartier, donc pas très longtemps de toute façon.   BLESSURES-DE-GUERRE.jpg

    - J’ai fini 3èmeraconte Éric. Freddy a battu André parce qu’il avait un meilleur sens des trajectoires que lui. Moi, j’ai bénéficié de l’incident de course du premier virage avec Dominique. Lorsque nous nous sommes accrochés, je lui ai involontairement donné un coup de pédale dans le mollet. Il saignait un peu, il avait mal, et il ne pouvait plus m’attaquer. En plus, comme il a passé le reste de la course à fermer la porte à Charles, un grand très sportif qui espérait jouer le podium, il m’a protégé de son retour et de ses attaques. Après l’arrivée, je me suis excusé auprès de Dominique. Je voulais juste m’imposer en force au freinage, pas le blesser. Dom a toujours été un gars extraordinairement sympa. Il ne m’a même pas reproché la brutalité de mon attaque et il s’est contenté de lancer un « c’est la course ». De toute façon, on ne grandit pas sans se faire mal.  Sarah a amené les deux blessés - Ronan et Dom - chez elle pour soigner leurs plaies et ecchymoses. Je les ai accompagnés. Malgré notre amitié, Ronan et moi  étions rivaux dans le cœur de Sarah. Quant à Dom, il risquait de devenir un concurrent supplémentaire. Les filles sont sensibles aux types qui souffrent. Pas question de laisser Ronan et Dom profiter de leurs blessures pour marquer des points auprès de ma jolie Sarah.   PEUGEOT-404.jpg

    La 404 aussi bénéficia de soins attentifs. Très ennuyé par l’incident que le propriétaire de la voiture et des parents des gamins de la petite bande risquaient de lui reprocher, le grand-père Victor répara les dégâts. Il était carrossier et vint nuitamment avec un de ses ouvriers maquiller la rayure de la 404. Le maquillage aurait-il tenu aussi longtemps que le reste de la peinture ? Pas sûr. Mais il arrive que le hasard fasse bien les choses. Trois semaines plus tard, le propriétaire de la 404 rata un virage à droite sur la route de Plouhinec. La 404 fit une excursion dans le fossé avant de partir en tonneau dans le champ derrière. Par chance, ni le conducteur ni sa fiancée qui l’accompagnait ne furent blessés. Et le lendemain, la voiture fut amenée à l’atelier de carrosserie du grand-père Victor. Il fallait la passer au marbre et refaire toute la peinture. Personne ne découvrirait jamais plus les menus dégâts causés pas Ronan. GTZ-ROUGE-4-copie-2.jpg

    Quelques années après, Ronan recevrait le surnom de Ronnie à cause de son admiration pour Ronnie Peterson, un des plus grands attaquants de toute l’histoire de la Formule 1. Freddy, Éric et Ronnie feraient tous de la course automobile. André deviendrait skipper. Freddy Vivien accéderait au plus niveau, la F1. Éric Trélor deviendrait un gentleman driver qui piloterait dans de nombreuses disciplines, de la course de côte à l’endurance en passant par le rallye. Des sorties de piste, Ronnie en connaîtrait d’autres. De toute façon, un pilote qui ne sort jamais n’est pas un super bon, car il ne va pas au bout de ses possibilités. Ronnie réaliserait aussi de belles performances. Il ferait même équipe avec  Éric dans des épreuves de véhicules de collection, mais ça, c’est une autre histoire…

 

QUELQUES LIENS A SUIVRE

 

Le temps a passé depuis l’enfance de Ronnie, Éric, Dom et les autres. Je vous propose une autre fiction dans laquelle apparaissent  André et Freddy, bien des années plus tard. Le personnage principal en est David Sarel, un des héros récurrents de mes romans. David est le filleul d’Éric. Les personnages de fiction vivent dans leur univers. Ils évoluent, comme les vrais gens et traversent de nouvelles aventures.

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2009/06/12/pneu-importe-le-choix-pourvu-qu-on-ait-la-vitesse.html

 

Les vacances au temps de l’enfance de Ronnie, Éric Dom et les autres. Une ballade illustrée sur les plages à l’époque tourbillonnante des sixties

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2010/07/index.html  

    COUV GARE A LA MAIN DU DIABLE

    Et bien sûr, n’hésitez pas à lire les notes précédentes relatives à mon dernier roman, GARE A LA MAIN DU DIABLE, un thriller jeunesse teinté de fantastique dont l’action se déroule dans l’univers de la course au large, un livre que vous pouvez aussi découvrir sur :

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2011/07/30/gare-a-la-main-du-diable.html  

    COUV CHICANES ET DERAPAGES opt

CHICANES ET DÉRAPAGES DE LORIENT AU MANS, un thriller où Éric et Freddy, devenus adultes, jouent des rôles importants  

http://www.endurance-info.com/article.php?sid=2844

    DS21.jpg

Je vous invite enfin à découvrir un autre univers de fiction dont des adolescents gourmands, amateurs de DS et de Cooper sont les héros

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2009/11/06/le-retour-de-la-ds-citroen.html

 

Thierry Le Bras  

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6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 14:13

Comme je l’ai déjà annoncé dans la note précédente, GARE A LA MAIN DU DIABLE est disponible chez votre libraire ou sur commande à l’éditeur.  

   CATA.jpg

 

Le départ de la première Transat Saint-Malo – Newport approche. Un grand moment pour Florian Manach, l’espoir malouin de la course au large, tout comme pour Sébastien Ménier, l’adolescent fou de cata devenu son plus grand supporter.

 

Une histoire qui commence bien

 

Florian, le skipper, Sébastien, le fan aspirant journaliste, Sabine, la belle attachée de presse, Lucia, la star d’une émission de télé-réalité, Jules, le vieux marin plein de sagesse, tous jouent un rôle au début de l’histoire. Retrouvez les gratuitement dans les premières pages du roman. Un cadeau de l’éditeur aux lecteurs. Il vous suffit de cliquer sur :

http://www.monpetitediteur.com/librairie/images/364d.pdf

 

Tout le monde est heureux en ce jour de baptême du trimaran Océans sauvages. Enfin, heureux jusqu’à ce que…

 

Comment finira la Transat Saint-Malo - Newport ?

 

Florian et ses amis vont vite perdre le sourire. Car soudain, un événement  inquiétant  plombe l’ambiance. Je ne vous en dévoilerai pas plus. Il va vous falloir lire le premier chapitre, puis  acheter le livre afin de découvrir la suite. C’est la règle du jeu. Mais je peux déjà vous confier que la course ne sera pas de tout repos pour Florian et qu’à terre, Sébastien va souffrir aussi.  

    TRI-A-QUAI.jpg

 

D’autant que nos héros ne savent pas s’ils ont affaire à des malfaiteurs ordinaires ou à une malédiction résulant d’une terrifiante superstition maritime.

 

La plus belle citation

 

Ma citation préférée, c’est une phrase de Serge Dalens, auteur notamment de la saga du Prince Éric et de son ami Christian d’Ancourt. Des livres que je vous conseille de découvrir, que dis-je, de dévorer, si ce n’est déjà fait.   PRINCE-ERIC.jpg

    « Les personnages de fiction vivent, non seulement dans l’esprit de leur créateur, mais aussi dans un monde parallèle où ils entraînent les lecteurs », écrivit Serge Dalens. Sébastien possède une personnalité très attachante. Il vivra non seulement donc dans mon univers, mais aussi dans le vôtre. Il le mérite car il possède une telle force de caractère qu’il m’a forcé à modifier le déroulement du scénario au cours de la rédaction.  Car dans un roman comme dans la vraie vie, rien en se passe jamais selon le scénario prévu au départ, et c’est tant mieux !

 

Vous vivrez de bons moments avec Sébastien et sa bande, des sorties en cata, des moments de détente à la plage. Vous partagerez aussi ses angoisses, ses moments de doute, sans oublier de graves périls.

 

DEUX LIENS A SUIVRE :

 

La présentation de GARE A LA MAIN DU DIABLE sur le site Le Mag'Auto que je remercie de son intérêt :

http://www.lemagauto.fr/GARE-A-LA-MAIN-DU-DIABLE-Malfaiteurs-et-malefices-sur-la-Transat-Saint-Malo-Newport_a6582.html

 

Une superstition maritime est au cœur du scénario de GARE A LA MAIN DU DIABLE. Une autre histoire de superstition un autre univers tout aussi réceptif aux croyances, celui de la course automobile :

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2007/07/07/7-impair-et-gagne.html

 

Thierry Le Bras  

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18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 12:18

GARE À LA MAIN DU DIABLE,

Malfaiteurs et maléfices sur la Transat Saint-Malo – Newport,

Un roman de Thierry Le Bras    COUV-GARE-A-LA-MAIN-DU-DIABLE.jpg

Terreur sur la nouvelle course transatlantique en solitaire Saint-Malo – Newport qui s’élance la Cité corsaire au début de l’été. Incidents et accidents s’abattent sur le jeune skipper malouin Florian Manach, engagé sur le trimaran Océans sauvages. Le jour du baptême du voilier, sa marraine, vedette d’une émission de téléréalité, n’a pas réussi à casser la traditionnelle bouteille de champagne à la première tentative. Pour les vieux marins, c’est un sinistre présage annonciateur de catastrophes et de naufrage. Des malfaiteurs ont-ils saboté le multicoque ? Ou l’inquiétante légende maritime expliquerait-elle les fortunes de mer qui s’acharnent sur Florian ?

 

Sébastien, Romain et Tatiana, trois adolescents inséparables qui sont les amis du skipper tentent de comprendre les mystères qui planent autour du bateau de course afin de le sauver.

TRIMARAN-LACOSTE.jpg

GARE À LA MAIN DU DIABLE est un thriller cross-age teinté de fantastique. Il passionnera les adolescents qui s’identifieront aux héros. Il captivera les lecteurs de tous âges curieux des traditions maritimes et des phénomènes que l’état actuel de la science ne parvient pas à expliquer. Il surprendra les habitants de Saint-Malo ainsi que tous ceux qui connaissent cette ville car ils se rendront compte que les sites qu’ils fréquentent ont servi de théâtre à des événements extraordinaires.

 

Le roman est suivi de véritables histoires de superstitions maritimes rapportées par Thierry Le Bras. Des anecdotes hallucinantes, angoissantes et parfois pleines d’humour.

    COUV-MAG-VG.jpg 

L’auteur

 

Thierry Le Bras écrit des récits, des biographies et des romans policiers. Il a en outre dirigé la rédaction du magazine spécial Vendée Globe 2000 – 2001 édité par FDE en partenariat avec Philippe Jeantot, créateur de l’épreuve.   redacteur.jpg

Il connaît parfaitement les superstitions qui hantent le milieu de la voile. Thierry entend partager sa passion du suspense et faire vivre aux lecteurs les mécanismes psychologiques qui guident les personnes les plus attachantes comme les plus dangereuses. Il a été un adolescent turbulent, comme ses lecteurs, Aussi a-t-il choisi une photo du temps où il fréquentait le lycée pour illustrer la quatrième page de couverture de son roman GARE À LA MAIN DU DIABLE. Pour en savoir plus, n’hésitez pas à naviguer sur ce blog ainsi que sur l’autre blog de l’auteur

http://circuitmortel.hautetfort.com

 

GARE À LA MAIN DU DIABLE y est d’ailleurs évoqué :

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2011/07/30/gare-a-la-main-du-diable.html

 

Ce livre est édité par les Éditions MPE (Mon Petit Éditeur). Il est disponible en librairie au prix de 16 Euros ou en format numérique sur le site  au prix de 8,49 €.

http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782748364736

 

Et pour vous distraire quelques minutes avant de trouver GARE À LA MAIN DU DIABLE chez votre libraire préféré ou de le recevoir dans votre boite aux lettres, un lien vers une nouvelle cross-age (courte fiction illustrée) disponible gratuitement sur le Net. Il ne s’agit pas d’une histoire policière ni fantastique, mais elle amusera les enfants comme les adultes qui ont su garder une âme d’enfant :

http://confidentielpaddocks.over-blog.com/article-36659346.html

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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 11:13

 

« Conduire dans Paris, c’est une question de vocabulaire », écrivit Michel Audiard pour les besoins du film Mannequins de Paris. Cette phrase culte a marqué plusieurs générations.

 

Au cinéma ou dans un roman, quelques mots du dialogue plantent le décor mieux qu’une description de quinze pages. Pourquoi ? Parce qu’ils sont décalés et qu’ils plongent instantanément le spectateur ou le lecteur dans l’ambiance particulière de l’histoire. Un jeu de mots dès le titre, c’est sympa.

 

COUV CHICANES ET DERAPAGES opt 

Des chicanes et des dérapages comme dans le polar ci-dessus (un de mes livres) par exemple, tout un programme pour un héros qui exerce le métier d’avocat et qui participe aussi à des courses automobiles.

 

Trouver les mots qui frappent fort, c’est la mission de celui qui raconte des histoires, c’est-à-dire l’auteur, le romancier, le nouvelliste ou... l’original qui vit dans ses mondes à lui, ceux où il crée ses personnages, le plus loin possible des contingences du monde réel. Ces petites phrases traversent l’esprit à n’importe quel moment. Sur la route, au restaurant, pendant une réunion de travail, à la plage, au milieu de la nuit… Il faut les noter sur le champ avant qu’elles ne s’envolent.

 

Parmi les expressions imagées sorties d’autres contextes, j’avoue un faible pour celles issues de la cuisine et des affrontements sportifs.

 

Sans faire de salades

 

Souvenez-vous des cours de récréation de votre enfance. Les insultes fusaient entre gamins. Patate, grande asperge, grosse truffe... Un dur à cuire menaçait de réduire les plus faibles en bouillie. La moutarde montait au nez de l’institutrice, celle qui avait une tête à manger des gâteaux secs. Elle mettait son grain de sel partout. Pas question de faire le cake avec elle. Elle était soupe au lait, vous traitait de gibier de potence. Si vous lui répondiez, elle convoquait vos parents et c’était la fin des haricots.   RADIS.jpg

En grandissant, la cuisine et ses ingrédients sont restés des références. Certes, vous avez appris à marcher sur des œufs dans certaines circonstances exigeant de la diplomatie. Mais il arrive encore que vous mettiez les pieds dans le plat et que les choses tournent au vinaigre. Qui n’a jamais subi un dîner où l’on servait la soupe à la grimace ? Sans compter les fins de mois où vous n’avez plus un radis, ni les fois où vous avez l’impression de vous faire rouler dans la farine !

 

Du sport à la guerre des mots

 

Quand un coureur au large dit qu’à l’endroit où navigue son voilier, c’est la guerre, ses interlocuteurs comprennent qu’il affronte une terrible tempête. Il se bat contre les éléments. L’usage d’un vocabulaire guerrier imprime la scène dans les imaginations.  La course automobile est aussi un univers rude. Au début de sa carrière, Nico Rosberg qualifia le monde la F1 de parc de requins. Felipe Massa compare les trois phases de la séance qualificative d’un Grand Prix à des rounds de boxe. L’idée ne manque pas de pertinence. Un championnat se gagne aux points, comme un combat de boxe, à moins qu’un concurrent domine tellement ses adversaires qu’il leur inflige un KO. Suspense, violence, affrontements impitoyables, héros de tragédies, le sport offre des pages dignes des scenarii mijotés par les maîtres de l’angoisse.  

    CATCH 1 BIS opt

Les comptes rendus des combats les plus violents empruntent d’ailleurs au vocabulaire culinaire. Je m’y suis amusé  dans quelques nouvelles disponibles gratuitement sur le Net. Ronnie, le personnage principal est une tête de lard. Un type sympa, au cœur énorme, que la vie n’épargne pas. Ses mésaventures commencent dès l’enfance. Les hasards de la vie scolaire ont fait pousser dans sa classe une grande brute nommée Hyppolite Guémené. Comme la terreur n’a rien dans le citron, elle se fera surnommer l’andouille. Trop tentant avec un patronyme pareil. Quoique costaud et amateur de lutte, Ronnie se trouve exposé comme une dinde de Noël quand l’andouille s’en prend à lui. A la fin des combats, il sera cuit, rouge comme une écrevisse, en marmelade. A moins que le match se déroule sur la plage. Là, son vainqueur lui fera boire la tasse, le ligotera, le laissera saucissonné en attendant que des camarades charitables le détachent. Dès que l’andouille lui saisit les bras ou le soulève sur ses épaules, Ronnie sait que les carottes sont cuites. Lui, d’ordinaire ultra-combatif, se défend à peine. Inutile de chauffer l’andouille, de prendre un marron dans la poire ou de se retrouver avec l’œil au beurre noir après une tarte. L’andouille se moque et lui reproche d’avoir du jus de navet dans les veines. Ronnie sait que quoi qu’il tente, l’autre le mettra en miettes en deux coups de cuiller à pot. Il rêve de lui coller un pruneau dans le buffet.   GALETTE-ANDOUILLE.jpg

Mais comme il ne veut pas moisir au placard pendant des années, il réprime son envie d’envoyer l’andouille sucrer les fraises. Entre Ronnie et l’andouille, la mayonnaise ne prendra jamais. La grosse brute deviendra catcheur et choisira un nom de guerre révélateur, l’Ankou breton. Et Ronnie attendra avec impatience le jour où un autre catcheur aplatira son bourreau farci dé tunes (à défaut d’avoir été formé à Béthune)  comme une galette… à l’andouille de Guémené bien sûr !

 

QUELQUES LIENS A SUIVRE

 

Ronnie freine trop tard et sort de la piste http://circuitmortel.com/2016/01/ronnie-freina-trop-tard/  

 

Une histoire automobile, gourmande et sensuelle à La Baule http://circuitmortel.com/2016/05/navigateur-au-rallye-de-la-baule-1969/  

 

Richard Grieco, l’espion en Lotus ! http://circuitmortel.com/2016/04/richard-grieco-une-histoire-de-trajectoires/  

 

CIRCUIT MORTEL muscle son contenu http://bit.ly/21PfIuS  

 

Et si me suiviez sur les réseaux sociaux :

https://twitter.com/ThierryLeBras2  

Et http://www.facebook.com/thierry.lebras.18  

 

Thierry Le Bras  

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30 juillet 2011 6 30 /07 /juillet /2011 07:05

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Qu’arrive-t-il lorsque des personnages dotés de caractères bien trempés se trouvent plongés dans des situations anormales, éprouvantes, extrêmes ? Ils ne réagissent pas conformément aux conventions censées régir l’harmonie de la société ni à la morale traditionnelle. Quoi de plus passionnant que le pilotage du lecteur sur la piste sinueuse des mécanismes psychologiques qui animent les personnes les plus attachantes comme les plus dangereuses ? C’est pour embarquer les lecteurs à ses côtés dans cette aventure que Thierry Le Bras prend la plume, ou plutôt le clavier.

 

Les comportements des acteurs de ses scénarios frappent et font mal. Parfois, ils provoquent des ripostes cinglantes, inattendues, violentes. Aucun milieu n’offre la sécurité. Car si les univers judiciaires, professionnels et sportifs paraissent aussi cruels qu’un parc de requins, la famille se révèle encore plus bien rancunière et machiavélique. Le lecteur ne terminera pas ses histoires intact. Le confort de ses certitudes sera ébranlé. Certains évènements de sa vie prendront une autre dimension. Il réalisera toute la signification et toute la portée de ce qu’on lui a fait… ou de ce qu’il a fait… Il doutera, il s’interrogera, il se convertira au cynisme… Avec une pointe d’espoir toutefois. Car face aux trahisons et aux dangers, les personnages positifs de Thierry Le Bras peuvent parfois compter sur la solidarité et l’amitié des membres de la famille de cœur qu’ils ont su rassembler.    

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L’auteur collabore à divers magazines et sites économiques et sportifs. Ses fonctions et sa formation originelle de juriste d’affaires l’ont amené à travailler régulièrement avec des entreprises, des consultants et des clients exigeants. Il est aussi un participant actif à des opérations liées au sport automobile qu’il a pratiqué. Il exerce d’ailleurs des missions de conseiller en communication liées au sport. Il se passionne pour la communication judiciaire dans laquelle il a décidé  de s'investir. Il connaît parfaitement les univers particulièrement concurrentiels ou dangereux ainsi que les situations dans lesquelles il est indispensable de se fabriquer une carapace pour survivre. Son  domaine de prédilection, les thrillers sur fond d'affaires judiciaires, de course automobile, de guerre financière ou de course au large. Mais il écrit aussi des nouvelles, des biographies de pilotes automobiles, des récits d’exploits sportifs et prépare un essai sur les malversations trop souvent  mises en œuvre aux dépens de certains héritiers, principalement les enfants des premiers lits. 

 

Sur ce blog, vous trouverez des présentations des ouvrages de Thierry Le Bras, d’autres livres qu’il a aimés, ses coups de cœur en matière de littérature et de cinéma, ainsi que des courtes fictions offertes gratuitement aux lecteurs.

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Un lien pour ouvrir votre appétit de lecture aux récits  de Thierry Le Bras  ? Il s’agit d’une nouvelle cynique non dénuée d’humour intitulée La marâtre aimait trop la galette  http://bit.ly/1SRX3i4  

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Toute chronique, toute fiction, tout récit, toute image, tout message de communication se construit sur les fondations d’un principe simple et absolu : raconter une histoire captivante. C’est ce que s’efforce de réaliser Thierry Le Bras dans ses activités qui se révèlent complémentaires.

 

Thierry Le Bras

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  • Mon nom : Thierry Le Bras. Profession :  chroniqueur, écrivain, consultant. Ma passion, décrypter les mécanismes psychologiques qui animent les personnes les plus attachantes comme les plus dangereuses. Surtout dans des univers cyniques...
  • Mon nom : Thierry Le Bras. Profession : chroniqueur, écrivain, consultant. Ma passion, décrypter les mécanismes psychologiques qui animent les personnes les plus attachantes comme les plus dangereuses. Surtout dans des univers cyniques...

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