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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 17:28

Les deux termes jurent de s’accoupler. Et pourtant...

Bon et méchant, des ennemis inévitables. Des concepts opposés et complémentaires. Les ingrédients indispensables de toute fiction policière captivante, les bases du suspense qui tiendra le lecteur ou spectateur en haleine.

Le bon méchant dans les fictions...

Mais dans la vie de tous les jours, dans la politique, dans l’appréciation de la religion, de l’histoire, de la culture, le bon et le méchant existent également. L’auteur de fiction inspiré par les problématiques de la société s’attache à rendre le méchant crédible en l’humanisant. A l’inverse, les grands médias sous contrôle conditionnent le public à aimer leurs favoris même s’ils présentent des dangers. Et aussi à détester ceux que rejette la gauchosphère, petite classe bobo-politico-médiatique aux aspirations sournoises et inquiétantes. Tant pis pour nos amis historiques, nos véritables intérêts, la volonté des Français...

Le bon méchant dans les fictions

 

Parfois, les spectateurs ou lecteurs croient que les scénaristes et écrivains en rajoutent pour pimenter leurs histoires. Le méchant serait alors dépeint sous des traits plus noirs que dans la réalité afin d’accroître la peur de celui qui s’est attaché au héros, au gentil chargé de démasquer un coupable ou de l’empêcher de nuire s’il est déjà identifié.

Le bon méchant dans les fictions...

Dans une de mes séries de polars et nouvelles, mon personnage récurrent David Sarel se trouve ainsi confronté à une marâtre cupide et malveillante surnommée La morue qui, ayant ensorcelé son père, n’aura de cesse de souhaiter – parfois très activement – la mort du fils du premier lit. Pourquoi ? Mais afin d’hériter toute seule de sa cible le moment venu bien sûr. Improbable ? Loin de moi l’idée de jeter l’opprobre sur toutes les familles recomposées. Ceux qui connaissent des familles recomposées dans leur entourage auront peut-être constaté cependant l’acharnement malsain de marâtres à éloigner les enfants des premiers lits de la nouvelle famille. Avantages au profit de leur propre progéniture, non-paiement des pensions alimentaires, mesquineries au moment des cadeaux d’anniversaire et de Noël, préparations de captations d’héritages, prétextes pour provoquer la rupture du papa avec ses premiers enfants font partie de la réalité et relèvent de l’imagination de marâtres intéressées, pas de celle d’auteurs de fictions. La belle-mère ne constitua-t-elle pas la méchante favorite des contes populaires ? Rappelez-vous Cendrillon, Blanche Neige et toutes ces histoires de votre enfance...

 

Les nouvelles et romans mettant en scène David Sarel exagèrent-ils la vilénie de son ennemi ? Sûrement pas. J’ai observé des situations similaires, recueilli des témoignages, écouté des personnes témoins de scènes comparables. Et j’ai conclu qu’il ne fallait pas forcer le trait mais plutôt adoucir « la morue » et la mijoter avec une sauce humoristique afin de la rendre présentable. Je suis convaincu que mes confrères procèdent de la même manière quand ils dressent le portrait d’un méchant (ou d’une méchante) liée à un phénomène de société qu’ils dénoncent.

La réalité et la politique encore plus cyniques que n’importe quelle fiction

 

Mais il serait dommage de limiter notre propos à un seul contexte. La vie professionnelle, le voisinage, la convoitise de ce que possède l’autre, la détestation de son mode de vie génèrent également quantité de crimes et délits. Avant que Monsieur Valls, encore premier ministre, raconte qu’il fallait s’habituer à vivre avec le terrorisme, quel auteur aurait osé imaginer qu’un assassin obéissant aux préceptes d’interprètes d’une religion louerait un camion afin d’écraser le plus possible de personnes un soir de feu d’artifice ? Mohamed Lahouaiej-Bouhlel a causé un carnage le 14 juillet 2016 (86 morts). Il n’appartient pas à un univers parallèle. Il n’a pas frappé au milieu d’un roman mais au cœur de Nice.

Le bon méchant dans les fictions...

Plus incroyable encore, ce drame qui a bouleversé les Français aura bénéficié à un l’un d’entre eux. Qui ? vous interrogez-vous. Réponse, le locataire du Palais empêtré dans l’affaire de son coiffeur personnel payé 9.895 € par mois, soit 593.000 € sur la durée du mandat présidentiel. Au plus bas dans les sondages, minable lors de son allocution du 14 juillet, vilipendé par des députés de son propre parti dont certains signaient sans complexe un projet de motion de censure contre son gouvernement, Le triste sire se demandait certainement s’il réussirait à survivre sous les ors de la République jusqu’au terme de son mandat. Une fois de plus, comme après Charlie, comme après le Bataclan, le malheur des Français allait le sauver. Un drame détournait le peuple de la colère contre sa nullité, son indifférence à leur sort, son incapacité à assurer leur sécurité (pour ne pas évoquer un laxisme coupable, un manque de volonté réelle, une popularité du président indexée sur le nombre de morts par attentats qui restera à mon sens un des plus grands scandales des années 2000). Voilà un scénario d’un cynisme que seul un auteur de films d’horreur aurait éventuellement pu concevoir. Et encore... Ses producteurs ou éditeurs auraient vraisemblablement exigé que le gouvernement démissionne, que le président organise de nouvelles élections ou se démette. Aucun n’aurait accepté d’investir sur une histoire où la côte de popularité du président et son équipe grimpe en surfant sur le sang du peuple.

 

Oui, la réalité se révèle bien plus féroce, terrifiante que la fiction. La crédibilité d’un roman, d’un film, d’une BD, exige d’adoucir les méchants, pas de les rendre plus mauvais que les acteurs des problématiques abordées. Alors, lorsqu’un personnage négatif vous surprendra dans un film ou un roman, ne pensez-pas que l’auteur l’a noirci. Au contraire, il l’a probablement policé par rapport à des faits qu’il a étudiés au moment de construire ou d’étoffer son scénario.

Le bon méchant dans les fictions...

Dans ma prochaine note, j’évoquerai « le bon méchant » dans un autre univers, celui que crée les médias qui, petit doigt sur la couture du pantalon, nous racontent un monde de fiction dans le but de vous faire voter pour les politiques dont ils sont impunément les lobbyistes.

 

QUELQUES LIENS

 

LA FRANCE BIG BROTHER – Laurent Obertone – Èditions Ring

http://www.ring.fr/livre/trailer.php/livre/la-france-big-brother

 

MARÂTRES, DÉTOURNEMENTS ET PETITS MEURTRES http://bit.ly/1LmtFfa

 

Thierry Le Bras

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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 19:25
Une image, une fiction automobile

Parmi mes meilleurs amis, les héros du Clan Vivia, une série de polars et nouvelles que j’écris depuis une dizaine d’années dans l’univers du sport automobile.

 

Comme Serge Dalens, je suis convaincu que les personnages de fiction vivent dans un univers parallèle où ils entraînent les lecteurs et le narrateur de leurs aventures. Je suis le biographe de mes personnages. Je rapporte ce qu’ils me confient et qu’ils m’autorisent à raconter.

 

Pourquoi m’ont-ils choisi moi, plutôt qu’un autre ? Sans doute parce qu’ils ressentent des émotions comparables aux miennes, qu’ils en déduisent que je vais les comprendre et raconter leurs vies sous un angle qui leur convient.

La première Vivia

 

L’origine du clan remonte aux sixties quand deux gamins âgés de 12 et 14 ans, Éric Trélor et Freddy Vivien, se projettent dans un avenir où ils veulent devenir pilotes automobiles et dessinent ce qui serait à la leurs yeux la voiture de sport idéale. J’avais vécu une expérience comparable à leur âge.

Une image, une fiction automobile

L’aîné passa son permis, prit une licence de sport automobile et engagea sa NSU TT dans des compétitions. Le plus jeune devint son navigateur en rallye. Il n’avait pas encore l’âge de conduire, mais la fédération permet de devenir co-pilote dès 16 ans. Un sponsor, les montres Time O’Clock, les suivit dans leurs projets. Une Alfa Roméo 1600 puis un coupé 2000 GTV succédèrent à la NSU. Un jour, l’aîné entra dans une écurie de F 2, puis fut engagé en Formule 1. Le sponsor principal suivait toujours et attribua un budget au plus jeune afin de continuer à faire courir l’Alfa Roméo.

Une image, une fiction automobile

Mais un autre aspect extraordinaire de cette histoire, c’est la concrétisation du rêve de gosses des deux amis. Car la petite voiture de sport imaginée par Freddy et Éric au camping de Larmor Plage a vu le jour. Dès qu’il accéda à la Formule 1, Freddy décida de réaliser leur rêve d’enfants. Il allait fabriquer cette petite voiture de sport deux places, 1600 cm3, 680 kg, 150 chevaux, la sportive absolue, sans concession. Il utilisa sa notoriété de pilote de F 1 et fédéra des industriels bretons autour de l’opération. Les Automobiles Vivia venaient de naître. La marque avait été choisie pour afficher le lien avec Freddy Vivien. Une voiture née de l’imagination d’un pilote de F1 attirerait forcément la clientèle sportive. Et qui fut l’avocat chargé de mener les opérations ? Son ami Éric Trélor bien sûr, qui commençait sa carrière d’avocat. Éric devint également tout naturellement le premier pilote à courir sur Vivia dès que les coupés sortirent de l’usine construite à Kervignac, près d’Hennebont dans le Morbihan. Cette sportive absolue ressemblait forcément à l’Opel GT des années 60. Plus légère, plus puissante, pensée pour la course, mais avec un design comparable ! Plus tard, les Automobiles Vivia produiraient d’autres modèles, y compris des GT haut de gamme. Dévid Sarel, filleul d’Éric, deviendrait son navigateur en rallye lors de certaines épreuves, puis il prendrait à son tour le volant en course…

 

L’histoire des Automobiles Vivia continue. Je n’oublie pas qu’elle est née avec une voiture qui ressemblait beaucoup à l’Opel GT.

QUELQUES LIENS

 

Souvenirs et photos d’Opel GT http://circuitmortel.com/2016/02/souvenirs-dopel-gt/

 

Angoisse au bord de la piste pour David Sarel http://0z.fr/U10ZB

Une image, une fiction automobile

Le Pacte du Tricheur, un roman où David navigue son parrain Éric http://amzn.to/1jAhsoF

 

Freddy Vivien, pilote de F1 http://circuitmortel.com/2016/02/quand-la-f1-offre-des-sensations-extremes/

 

Quelques années plus tard, David rencontre des drogués de sport au Rallye du Pays de Vannes http://circuitmortel.com/2015/11/drogues-de-sport/

 

Suivez-moi sur Twitter https://twitter.com/ThierryLeBras2

 

Et pourquoi pas sur Facebook ? http://www.facebook.com/thierry.lebras.18

 

Thierry Le Bras

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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 11:13

 

« Conduire dans Paris, c’est une question de vocabulaire », écrivit Michel Audiard pour les besoins du film Mannequins de Paris. Cette phrase culte a marqué plusieurs générations.

 

Au cinéma ou dans un roman, quelques mots du dialogue plantent le décor mieux qu’une description de quinze pages. Pourquoi ? Parce qu’ils sont décalés et qu’ils plongent instantanément le spectateur ou le lecteur dans l’ambiance particulière de l’histoire. Un jeu de mots dès le titre, c’est sympa.

 

COUV CHICANES ET DERAPAGES opt 

Des chicanes et des dérapages comme dans le polar ci-dessus (un de mes livres) par exemple, tout un programme pour un héros qui exerce le métier d’avocat et qui participe aussi à des courses automobiles.

 

Trouver les mots qui frappent fort, c’est la mission de celui qui raconte des histoires, c’est-à-dire l’auteur, le romancier, le nouvelliste ou... l’original qui vit dans ses mondes à lui, ceux où il crée ses personnages, le plus loin possible des contingences du monde réel. Ces petites phrases traversent l’esprit à n’importe quel moment. Sur la route, au restaurant, pendant une réunion de travail, à la plage, au milieu de la nuit… Il faut les noter sur le champ avant qu’elles ne s’envolent.

 

Parmi les expressions imagées sorties d’autres contextes, j’avoue un faible pour celles issues de la cuisine et des affrontements sportifs.

 

Sans faire de salades

 

Souvenez-vous des cours de récréation de votre enfance. Les insultes fusaient entre gamins. Patate, grande asperge, grosse truffe... Un dur à cuire menaçait de réduire les plus faibles en bouillie. La moutarde montait au nez de l’institutrice, celle qui avait une tête à manger des gâteaux secs. Elle mettait son grain de sel partout. Pas question de faire le cake avec elle. Elle était soupe au lait, vous traitait de gibier de potence. Si vous lui répondiez, elle convoquait vos parents et c’était la fin des haricots.   RADIS.jpg

En grandissant, la cuisine et ses ingrédients sont restés des références. Certes, vous avez appris à marcher sur des œufs dans certaines circonstances exigeant de la diplomatie. Mais il arrive encore que vous mettiez les pieds dans le plat et que les choses tournent au vinaigre. Qui n’a jamais subi un dîner où l’on servait la soupe à la grimace ? Sans compter les fins de mois où vous n’avez plus un radis, ni les fois où vous avez l’impression de vous faire rouler dans la farine !

 

Du sport à la guerre des mots

 

Quand un coureur au large dit qu’à l’endroit où navigue son voilier, c’est la guerre, ses interlocuteurs comprennent qu’il affronte une terrible tempête. Il se bat contre les éléments. L’usage d’un vocabulaire guerrier imprime la scène dans les imaginations.  La course automobile est aussi un univers rude. Au début de sa carrière, Nico Rosberg qualifia le monde la F1 de parc de requins. Felipe Massa compare les trois phases de la séance qualificative d’un Grand Prix à des rounds de boxe. L’idée ne manque pas de pertinence. Un championnat se gagne aux points, comme un combat de boxe, à moins qu’un concurrent domine tellement ses adversaires qu’il leur inflige un KO. Suspense, violence, affrontements impitoyables, héros de tragédies, le sport offre des pages dignes des scenarii mijotés par les maîtres de l’angoisse.  

    CATCH 1 BIS opt

Les comptes rendus des combats les plus violents empruntent d’ailleurs au vocabulaire culinaire. Je m’y suis amusé  dans quelques nouvelles disponibles gratuitement sur le Net. Ronnie, le personnage principal est une tête de lard. Un type sympa, au cœur énorme, que la vie n’épargne pas. Ses mésaventures commencent dès l’enfance. Les hasards de la vie scolaire ont fait pousser dans sa classe une grande brute nommée Hyppolite Guémené. Comme la terreur n’a rien dans le citron, elle se fera surnommer l’andouille. Trop tentant avec un patronyme pareil. Quoique costaud et amateur de lutte, Ronnie se trouve exposé comme une dinde de Noël quand l’andouille s’en prend à lui. A la fin des combats, il sera cuit, rouge comme une écrevisse, en marmelade. A moins que le match se déroule sur la plage. Là, son vainqueur lui fera boire la tasse, le ligotera, le laissera saucissonné en attendant que des camarades charitables le détachent. Dès que l’andouille lui saisit les bras ou le soulève sur ses épaules, Ronnie sait que les carottes sont cuites. Lui, d’ordinaire ultra-combatif, se défend à peine. Inutile de chauffer l’andouille, de prendre un marron dans la poire ou de se retrouver avec l’œil au beurre noir après une tarte. L’andouille se moque et lui reproche d’avoir du jus de navet dans les veines. Ronnie sait que quoi qu’il tente, l’autre le mettra en miettes en deux coups de cuiller à pot. Il rêve de lui coller un pruneau dans le buffet.   GALETTE-ANDOUILLE.jpg

Mais comme il ne veut pas moisir au placard pendant des années, il réprime son envie d’envoyer l’andouille sucrer les fraises. Entre Ronnie et l’andouille, la mayonnaise ne prendra jamais. La grosse brute deviendra catcheur et choisira un nom de guerre révélateur, l’Ankou breton. Et Ronnie attendra avec impatience le jour où un autre catcheur aplatira son bourreau farci dé tunes (à défaut d’avoir été formé à Béthune)  comme une galette… à l’andouille de Guémené bien sûr !

 

QUELQUES LIENS A SUIVRE

 

Ronnie freine trop tard et sort de la piste http://circuitmortel.com/2016/01/ronnie-freina-trop-tard/  

 

Une histoire automobile, gourmande et sensuelle à La Baule http://circuitmortel.com/2016/05/navigateur-au-rallye-de-la-baule-1969/  

 

Richard Grieco, l’espion en Lotus ! http://circuitmortel.com/2016/04/richard-grieco-une-histoire-de-trajectoires/  

 

CIRCUIT MORTEL muscle son contenu http://bit.ly/21PfIuS  

 

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  • Mon nom : Thierry Le Bras. Profession :  chroniqueur, écrivain, consultant. Ma passion, décrypter les mécanismes psychologiques qui animent les personnes les plus attachantes comme les plus dangereuses. Surtout dans des univers cyniques...
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