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14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 14:13

Flash-back à la fin des années 60. Philippe est encore lycéen. Alors qu’il veut aider Noémie, une amie, il est victime d’une agression sauvage.

 

Noémie souffrait d’une intoxication alimentaire après avoir mangé une brandade de morue – une préparation facilement toxique - plus tout à fait comestible vendue par l’amère Mullet, une épicière vorace d’oseille. La petite commerçante cupide nageait en eau trouble et écoulait sans scrupule des plats préparés à base d’ingrédients avariés.

Jalousie, haine et riposte, les piliers de la société ?

Après un bref passage à l’hôpital, Noémie, dernière victime en date de la sorcière, se voyait contrainte de passer quelques jours de convalescence chez elle avant de reprendre les cours. Repos, bouillons de légumes et plats faciles à digérer au menu. Philippe et son cousin Laurent se relayaient pour lui rendre visite. Noémie souhaitait que sa famille déménage car elle ne sentait pas à l’aise dans le pavillon de la rue des Perdrix dans lequel elle habitait à Paramé. La plupart des voisins étaient plutôt gentils, mais aux dires de la jeune fille, « d’autres n’étaient vraiment pas de la crème. Pas le haut du panier, des vrais fruits pourris. »

Jalousie, haine et riposte, les piliers de la société ?

Philippe constata un mercredi après-midi que ces nouveaux Paraméens-là n’avaient pas les qualités des succulents gâteaux sortis de la meilleure pâtisserie du quartier. Sortant de chez son amie, il enfourchait sa mobylette Peugeot aux allures de moto lorsqu’un bras dodu le saisit par derrière. Le gars à qui appartenait le jambon plein de gras profita de son déséquilibre pour le faire tomber par terre. Malgré son apparence policée et bien élevée, Philippe était à peu près aussi doux et inoffensif qu’un régiment de chars blindés. Il pratiquait assidument le judo ainsi que l’escrime et s’entraînait quasi quotidiennement à la lutte en chahutant avec son cousin. L’agresseur n’eut pas le temps de le plaquer au sol comme il le prévoyait. Au moment où il se sentit déséquilibré, Philippe se jeta en arrière. L’autre recula, déséquilibré à son tour et surpris par la manœuvre. Philippe poursuivit un mouvement de retournement arrière. Son pied droit frappa l’arête du nez et l’œil de son agresseur. Philippe se félicita d’avoir choisi le matin de porter des chaussures de ville aux semelles protégées par des fers plutôt que des tennis aux semelles souples. Le gros lard saignait comme un porc. Sous sa pommette en marmelade, une étrange mixture ressemblait à la chair à saucisse qui garnit une paupiette. Philippe n’avait pas eu le temps de profiter de sa victoire éclair. Un gibier de potence ressemblant au premier voyou avec juste quelques centimètres de moins l’avait cueilli par surprise en lui balançant une tarte dans la poire. Une grosse châtaigne. Le nouvel attaquant crut que Philippe était cuit. Il paraissait sonné et se laissa tomber en avant sur lui. Il le repoussa et ne comprit pas ce qui lui arrivait. Philippe se projeta un arrière en exécutant un Sumi gaeshi qui fit voler l’autre dans les airs avant un écrasement sur le macadam qui lui pela les mains, le menton et les genoux avec la sauvagerie d’une râpe à gruyer. Eh oui, rue des perdrix, le perdreau de six semaines s’était fait rouler dans la farine. Encore un peu tendre pour un plat de résistance. Au moment des coups de pieds dans le ventre, le foie de veau du type se recroquevilla comme dans le beurre brûlant d’une poêle à frire.

Jalousie, haine et riposte, les piliers de la société ?

Philippe avait neutralisé les deux voyous en deux coups de cuiller à pot. Le dernier combattant ne se relèverait pas avant plusieurs minutes. Le premier paraissait tout blette aussi. Après avoir ajusté ses vêtements et remis ses cheveux en ordre, Philippe lui posa cependant une question.

 

- Pourquoi tu as voulu m’aplatir, gros lard ? T’as de la chance que je sois bonne pâte. J’aurais pu t’attendrir la couenne plus longtemps.

 

- Simple, avait rétorqué le plat de nouilles couleur sauce tomates. Je ne t’aime pas.

 

- Ah bon ? On ne se connaît même pas.

Jalousie, haine et riposte, les piliers de la société ?

- Mais moi, je sais qui tu es. Je sais ce que font tes parents. Je sais que ton père a une Taunus 20 M et que ton oncle roule en DS 21. Je sais qu’un jour, il pleuvra sur ton écuelle. Mon frère et moi, on s’en fout que nos parents ne puissent jamais changer leur Ami 6 pour une Peugeot 204 ou même une 404. Ce qui nous ferait plaisir, ce serait que ton père et ton oncle, ils perdent leur Taunus et leur DS. Pour voir ça, j’accepterais volontiers que nous n’ayons plus qu’une 2cv, une vieille 4cv, et même plus de bagnole du tout. C’est pas grave que tu m’ais pété la gueule aujourd’hui. Un jour, un président nous permettra de te pendre à un lampadaire, ou mieux, de te couper tes noyaux d’olives. Tu voulais savoir pourquoi nous nous en sommes pris à toi ? On a vu ton polo Lacoste quand tu es entré chez Noémie. On avait l’intention de le mettre en pièces et de te tabasser jusqu’à ce que tu nous supplies de te laisser partir en rampant.

 

- Raté, avait rigolé Philippe. Toi et ton frangin, vous avez du jus de navet dans les veines. Si j’avais voulu, je vous aurais mis en miettes. Compte pas trop m’envoyer sucrer les fraises, minable. Je ne suis pas un lapin de six semaines et un jour, c’est peut-être moi qui te logerai un pruneau dans le buffet.

Jalousie, haine et riposte, les piliers de la société ?

Philippe avait observé dans le rétroviseur de sa mob que son visage rougissait à l’endroit où il avait pris un marron. Sa peau le brûlait et sa paupière le gênait. De retour dans la maison familiale à Saint-Servan, son cousin Laurent l’avait soigné avec le contenu du frigo en appliquant un vieux remède. D’abord l’application de glaçons placés dans un torchon. Puis une tranche de viande de la taille d’une escalope découpée dans un rôti de veau. Le soir, la marque de coup était atténuée. Le vendredi matin, jour de retour au collège, elle n’était pas décelable, à moins d’avoir eu connaissance de ce qui était arrivé à Philippe. Le bon usage des glaçons et de l’escalope avaient évité au patient de se faire mettre sur le grill par les questions saignantes de petits carnivores comme Brice, toujours prêt à appuyer là où ça faisait mal.

Jalousie, haine et riposte, les piliers de la société ?

Ou encore des vannes épicées de Gabriel, qui contrairement ce que son prénom aurait pu laisser penser, n’avait rien d’un ange. Un jaloux pathologique et sadique, malheureusement très costaud malgré son apparence filiforme. Un type qui valait à lui seul deux paires de crapules paraméennes. Il s’amusait à tordre ses condisciples et faisait durer les matchs de catch qu’il provoquait sous prétexte de rigoler. Malgré sa capacité à se défendre, Philippe s’était fait piéger par Gabriel, comme à peu près tous les copains de leur classe d’âge. Il avait vraiment dégusté. L’autre, qui voulait faire mal, gardait toujours une fraction de seconde d’avance et bloquait toutes ses prises. Il l’avait empêché de respirer jusqu’à ce que plaqué au sol, vexé, au bord de l’asphyxie, il s’avoue vaincu. Des minutes très pénibles qui, alors que Philippe était bien moins en danger qu’au moment de l’agression subie rue des perdrix, lui laissait un souvenir très sombre. Un cauchemar qu’il n’arrivait pas à effacer de sa mémoire. En vérité, Gabriel se vengeait cruellement de ceux qu’il jalousait, les plus aisés, les premiers de classe, les plus doués dans un autre sport que la lutte... Ceux qui, comme Philippe, appartenaient aux trois catégories, auraient fini pendus au bout d’une corde sans la peur du gendarme qui garantit la sagesse des plus mauvais et la sécurité de leurs proies potentielles. Gabriel extériorisait sa haine de tous ceux à qui il supposait quelque chose qu’il n’avait pas, argent, intelligence, élégance, don pour un sport, pouvoir de séduction... Il n’aurait pas intérêt à se présenter aux élections de chef de classe à la prochaine rentrée. Quoique... Les gens votent-ils pour celui qui défendra leurs intérêts ? Pas sûr... Beaucoup préfèrent désigner quelqu’un dont ils savent qu’il leur nuira mais qu’ils espèrent voir léser davantage encore le voisin qu’ils détestent, jalousent, vouent aux flammes de l’enfer parce qu’ils l’imaginent plus heureux qu’eux...

Jalousie, haine et riposte, les piliers de la société ?

Noémie reprit les cours très vite. Il ne serait pas utile dans l’immédiat d’organiser une brigade pour aller la voir en toute sécurité…

 

QELQUES LIENS

Ce texte est extrait d’un feuilleton dont je suis l’auteur. Son titre, UN PLAT SAIGNANT ET UNE ADDITION SALÉE, un feuilleton gastronomique qui décrypte le menu de lecture d’une cuisine automobile, fiscale et sociétale amère :

ENTRÉE http://bit.ly/1rlBhnh

PLAT http://bit.ly/1yuTHIC

DESSERT http://bit.ly/1vouydO

 

DE TROP A NOËL, un autre feuilleton avec Philippe et Laurent dans les rôles principaux http://bit.ly/1OxKWG1

 

Des voitures dans la ville http://bit.ly/2nLO44O

 

Thierry Le Bras

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30 novembre 2016 3 30 /11 /novembre /2016 18:29

« Nous étions en 1968, se souvient Philipe Georjan. Un rallye incroyable se disputait entre Londres et Sydney. Mon  ami Xavier Ferrant, pilote professionnel, avait hésité à y participer. Il aurait aimé partir avec une Ford Cortina Lotus ou une Porsche 911. Mais il avait renoncé car Mathieu Daramon, - le patron du Team UTP qui le faisait courir - n’était pas chaud ».

Les souvenirs épiques de Philippe Georjan (16 ans en 1968)

« Monsieur Daramon préférait consacrer son budget compétition à l’acquisition d’une Porsche 908 pour la saison d’endurance 1969 ainsi qu’à de nouveaux châssis pour faire courir Xavier et son équipier Dany et F1 dans de bonnes conditions. Xavier aurait sans doute pu trouver un sponsor ponctuel pour cette course. Mais son patron semblait craindre un accident et des problèmes divers sur cette course un peu folle. En outre, il ne souhaitait pas voir ses pilotes s’y engager sous d’autres couleurs. Xavier s’était donc abstenu. Dany, l’autre pilote du team UTP  aussi. L’équipier de Xavier en endurance s’était investi dans un programme Rallye de Monte-Carlo avec une Alfa Romeo. Une épreuve qu’acceptait mieux le patron du Team d’autant que le sponsor était un de ses gros clients. Quant à Xavier, qui s’apprêtait à passer le début de l’hiver à la maison, il s’était finalement vu proposer le volant d’une DS 21 pour un rallye qui se déroulait en Finlande la dernière semaine de décembre. Monsieur Daramon avait donné son aval sans difficulté car il visait des marchés dans les pays nordiques.

Les souvenirs épiques de Philippe Georjan (16 ans en 1968)

« Mon cousin Laurent adorait les DS 21. C’était la voiture de son père et Laurent considérait alors que rien ne valait une DS. Moi, j’avais un faible pour les Cooper S, les Porsche 911 et les Cortina Lotus. J’avais essayé l’année précédente de convaincre mon père de troquer sa Ford 20 M TS pour une Cortina Lotus. En vain. Il avait trouvé le modèle qui me faisait rêver inconfortable, trop brutal et trop cher. Il lui avait préféré une Opel Rekord certes plus civilisée, mais moins enthousiasmante.

Les souvenirs épiques de Philippe Georjan (16 ans en 1968)

« Notre pote Christian, fils de garagiste, ne jurait que par la Mustang et grosse Ford Falcon. Quant à Brice, un autre copain qui voulait courir plus tard lui-aussi, il supportait inconditionnellement un équipage privé irlandais qui prenait le départ avec une 404 Injection. Atavisme familial sans nul doute. Son père et son grand-père roulaient en Peugeot…

 

« Nous fûmes tous déçus de l’accident de Lucien Bianchi. C’était si cruel d’être éliminé de la course si près du but.

Les souvenirs épiques de Philippe Georjan (16 ans en 1968)

« Je rêvais naturellement déjà de courir plus tard. Et je m’imaginais volontiers au départ d’un futur Londres-Sydney en 1978. Je ne réalisais pas encore que les amateurs qui gagnent leur vie dans l’exercice d’un autre métier peuvent difficilement participer à des courses aussi longues et aussi dures. Je faisais aussi l’impasse sur mes carences en mécanique – j’étais en première littéraire - et je ne m’inquiétais pas du fait que Laurent, qui suivait la même filière et serait mon futur navigateur en rallye, n’était pas plus bricoleur ni dépanneur que moi. L’optimisme de la jeunesse nous plongeait agréablement dans le rêve en nous préservant des basses contingences que nous découvririons bien assez tôt. Pour l’heure, à nous les projets de grands espaces avalés à des vitesses infernales dans l’excitation des sauts sur les bosses, des dérapages sur la terre battue et des vrombissements de moteurs rageurs ! Les autres n’avaient qu’à bien se tenir. Ils ne verraient que les nuages de poussière soulevés par les roues arrière de notre bolide.

Les souvenirs épiques de Philippe Georjan (16 ans en 1968)

En attendant, la date du rallye disputé en Finlande tombait bien puisqu’elles correspondaient aux vacances de Noël. Laurent et moi eûmes la chance d’y accompagner Laurent et son équipe. Une aventure exceptionnelle. Contrairement à ce que nous redoutions, le froid ne fut pas notre pire problème. Par contre, des espions venus de l’Est s’invitèrent sur l’épreuve. Les temps changent. De nos jours, les Russes sont les meilleurs alliés de l’occident dans la lutte contre notre principal ennemi, l’État islamique. A l’époque, fin 1968, le bloc communiste était encore très fort, entreprenant et inquiétant. Ce rallye disputé dans la neige face au souffle glacial mérite d’être raconté. Dès que je parviens à cadrer un moment avec mon biographe, Thierry Le Bras, nous nous attelons à cette tâche. Il vous faudra encore patienter un peu. D’autres travaux nous attendent avant...

DES LIENS A SUIVRE

 

Des fictions automobiles dans les univers de Philippe Georjan et de David Sarel sont déjà en ligne (en accès gratuit). Retrouvez les ICI http://circuitmortel.com/cat/fiction/

 

Quelques années plus tard, Philiippe prendra le volant en compétition et affrontera un rival à l’âme ignoble http://0z.fr/110Cx

 

Un polar (en eBook) dont Philippe Georjan et Xavier Ferrant sont les héros.  Vous y  doublerez une Alpine aux 24 Heures du Mans  1966  http://amzn.to/1nCwZYd

 

Quand les pilotes tendent leurs trajectoires vers les horizons lointains http://bit.ly/2g6fimT

 

Philippe Georjan

(propos recueillis par Thierry Le Bras – Vous êtes surpris qu’un personnage de fiction s’exprime et signe ? Vous avez tort, les personnages de fiction vivent dans un univers parallèle où ils entraînent leur créateur et les lecteurs de leurs aventures. Pourquoi ne s’exprimeraient-ils pas ? C’est la magie de la fiction, chers lecteurs. En tant qu’auteur, je ne suis que le biographe de mes personnages; Je leur suis reconnaissant de m’accepter dans leur monde et d’obtenir d’eux l’autorisation de rapporter les temps forts de leurs existences)

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31 janvier 2016 7 31 /01 /janvier /2016 18:48
La marâtre aimait trop la galette...

Pour célébrer la tradition de la Chandeleur et de Mardi Gras, j’ai le plaisir de vous offrir une nouvelle qui met la galette et le blé à l’honneur. Votre guide, David Sarel au temps de sa jeunesse, à l’époque où se déroule un de mes romans, Le Pacte du tricheur, dont la sortie en version papier est imminente. Une fiction dans laquelle David tient le premier rôle…

Si David avait accepté ce déjeuner dominical, c’était juste pour éviter les salades.

 

Grégoire, son père, vivait désormais rue des Betteraves à Betton. Avec Soizick Pierret, l’employée subalterne devenue sa nouvelle épouse. David se rendait de mauvaise grâce dans la demeure où régnait sa pire ennemie. Un fruit pourri à qui il attribuait le prix citron de la convivialité. Par chance, il était rarement invité depuis que son père s’était fait retourner comme une crêpe par la croqueuse de diamants.

La marâtre aimait trop la galette...

David engagea sans enthousiasme sa moto dans l’allée du parc. Comme à chaque fois, son père se montrerait plus glacial qu’un maître d’hôtel anglais. La marâtre dégusterait les saveurs acides de l’accueil réservé par son homme. Bientôt, David serait majeur et fuirait ces corvées. Tant pis si papa en faisait un fromage.

 

Ce fut justement une odeur de fromage fondu qui le saisit à la gorge lorsque Valentine Sorbet, grande amie de Soizick, lui ouvrit la porte. Elle exécrait David. Il la vomissait. La petite Lucrèce, fille de la marâtre, se collait à Valentine comme un chewing-gum ananas à une semelle.

La marâtre aimait trop la galette...

David digérait mal que la mioche usurpât son patronyme. Il lui avait apporté une boite de pâtes de fruits suffisamment sucrées pour attaquer des dents de lait. La moutarde monterait au nez de la marâtre qui détestait qu’on gâtât le fruit de ses étreintes. David sourit en songeant que la senteur et la saveur de l’amalgame du dentiste succéderaient bientôt aux arômes de friandises dans la bouche du petit chou à son papounet officiel.

 

Surprise. Soizick sourit aussi, tout sucre tout miel. Elle lui proposa un Gin Fizz. Elle savait qu’il repartait à moto et espérait le saouler. David ne se faisait guère d’illusions. Qu’il finisse en bière avec l’aspect et la texture d’une marmelade de fruits rouges ne liquéfierait pas ses hôtes. Il demanda un Schweppes dont le goût amer accompagnerait subtilement l’atmosphère.

 

Justine apparut avec un plateau d’amuse-bouche. C’était la sœur cadette de Valentine. Une familière de la maison comme son aînée.

La marâtre aimait trop la galette...

- Oh flûte, j’ai oublié que tu n’aimais pas le fromage, David, bava Soizick. J’ai prévu un repas de galettes et de crêpes avec des rouleaux de galettes au fromage à l’apéritif.

 

D’où l’odeur à gerber, rumina David.

 

- Moi, je me souviens que David n’aime pas le fromage, rattrapa Justine. J’ai préparé quelques roulés avec de la crème à la place.

 

Les convives prirent place autour d’une table ronde, David s’assit entre les deux sœurs. Seule Justine lui adressa la parole. Une touche de cannelle dans une purée de poivrons. Elle papota avec lui pendant que Soizick et Valentine accommodaient les galettes. Bien que ne participant pas aux préparations, Grégoire et la gamine suivirent les cuisinières.

La marâtre aimait trop la galette...

Des fumets alléchants flottaient jusqu’à la salle à manger. Puis les galettes arrivèrent triomphalement sur la table. D’abord accompagnées d’asperges chaudes et d’une vinaigrette au paprika, puis avec des coquilles Saint-Jacques et une sauce citronnelle. Le contraste entre la douceur des mets et les sauces piquantes qui les relevaient taquinait les papilles. David se régala mais masqua son plaisir. Pas question d’accorder une miette de contentement à la marâtre. Le dessert fut servi en milieu d’après-midi. Un gâteau glacé composé de crêpes et de cassis. Mutin, rafraichissant, croquant. L’invité résista à la tentation du champagne rosé et se retint d’accepter une seconde part de gâteau.

 

Après un café corsé, le soulagement de prendre congé arriva enfin. Grégoire et Lucrèce se gavaient de pâtes de fruits en riant dans la canapé. Ils dirent au-revoir du bout des lèvres. David s’en réjouit. Embrasser la petite Lucrèce lui provoquait les mêmes hauts le cœur que la perspective d’avaler un chèvre-chaud. Les trois femmes accompagnèrent David sur le perron.

 

- Les choses ont tourné au vinaigre entre nous, mais je me mets en quatre pour adapter mes menus au rituel de notre famille recomposée, ironisa Soizick.

La marâtre aimait trop la galette...

La réponse gicla comme une tarte aux framboises dans la poire.

 

- Une famille recomposée ou décomposée ? Des effluves plus amères que douces, non ?

 

Le visage de Soizick vira couleur groseille tandis que la Sorbet fondait en larmes saumâtres et que Justine buvait du petit lait.

 

David avait besoin de décompresser.

 

Le déjeuner à Betton lui restait sur l’estomac. Il fit vrombir le moteur de sa moto sur les petites routes de campagne jusqu’à Saint-Germain sur Ille. Puis il revint à Betton le cœur plus léger. Charles Calloc’h, un de ses meilleurs copains de lycée, l’avait invité à dîner. Un gars solide physiquement et mentalement dont la solidarité lui était acquise. Ceinture noire de judo, Charles avait toujours affirmé à David que la morue tomberait dans ses propres excès de méchanceté. Elle finirait en sushis ou en accras. C’était une question de temps. Les Calloc’h habitaient la même commune que la nouvelle famille de Grégoire Sarel, mais dans un quartier où les prix de l’immobilier ne gonflaient pas encore comme un soufflé au moment de servir.

La marâtre aimait trop la galette...

Le jeune homme accepta de bon cœur le kir pétillant offert par le père de Charles. Le goût amer de la liqueur d’orange qui le relevait contribua à l’atmosphère joyeuse. Ici, personne ne voulait le passer au hachoir ni le voir aplati comme une crêpe après un accident. De toute façon, il ne conduirait plus sa moto avant le lendemain. Le menu de la fin du week-end prévoyait qu’il reste dormir chez son ami. Les pâtes au saumon de madame Calloc’h lui parurent un festin de roi et il les digéra comme une salade estivale. Le far breton aux pruneaux fut avalé avec appétit. La bonne humeur enchantait la cuisine familiale !

 

- Les pruneaux, un ingrédient dont je trufferais volontiers la morue qui bouffe mon père, ricana David en fin de soirée.

La marâtre aimait trop la galette...

- De la morue aux pruneaux, voilà une recette originale mais ne l’imprime pas, trancha Charles. Elle t’amènerait des pépins et tu te ferais assaisonner par les poulets !

 

- Je sais, soupira David. J’éviterai les fausses notes au piano. Un jour, ce sera la morue qui finira au placard.

 

- Il restera Lucrèce, de la graine de poison.

 

- Oh, un déchet comme la mère. Une fois qu’elle ne sera plus très fraiche, la petite peste finira recyclée auprès d’une poire dont elle pourrira l’existence…

QUELQUES LIENS A SUIVRE :

 

Soupe à la grimace pour David et Charles en Auvergne http://0z.fr/U10ZB

 

Quelque années plus tard, David découvre des supporters pas comme les autres http://bit.ly/1lEpd2a

 

DESIGNMOTEUR présente une autre fiction automobile sur fond de 24 heures du Mans http://www.designmoteur.com/2014/12/roman-polar-passion-automobile/

 

Suivez-moi sur Twitter https://twitter.com/ThierryLeBras2

 

Et pourquoi pas sur Facebook ? http://www.facebook.com/thierry.lebras.18

 

Thierry Le Bras

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30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 17:13
Un feuilleton hivernal…

Une histoire qui se passe au moment des fêtes de fin d’année, parce que contrairement à la légende, le miracle de Noël n’existe pas toujours…

 

Avez-vous déjà ressenti l’impression d’être de trop dans un repas de famille ? Ou en compagnie d’amis que vous pensiez proches ? Avez-vous remarqué que votre présence causait une gêne dans un groupe ? Que certains évitaient de vous parler parce que leur froideur réjouissait une autre personne à laquelle vos convives tenaient plus qu’à vous ? Vous êtes-vous dit que vous comptiez pour du beurre, que vous n’intéressiez les autres qu’en raison des services et avantages que votre fréquentation assurait ? Avez-vous regretté d’avoir accepté une invitation ? Avez-vous eu envie de partir, de vous éloigner au plus vite de ceux qui vous battaient froid ?

Un feuilleton hivernal…

Le sentiment de ne plus avoir sa place dans la famille est au centre du feuilleton DE TROP A NOËL. Philippe et son cousin acceptent de venir passer la fête la plus symbolique de l’année dans la demeure familiale où ils ont grandi. Les nuages assombrissent les bords de Manche. C’est l’hiver. Et voilà, le temps a passé. Ils travaillent désormais à Paris, loin des bases malouines de leurs parents. Une petite fille adoptée attire toutes les attentions. La grand-mère des cousins ne cache pas son hostilité à ceux qu’elle a toujours considérés comme des sales gosses venus lui voler une part de l’affection de ses filles chéries… Comment réagir quand on dérange ? DE TROP A NOËL raconte l’histoire d’une famille comme les autres. Certains entretiennent des relations fusionnelles. D’autres ne trouvent pas leur place. Plusieurs constatent qu’ils ont vécu les uns à côté des autres sans se connaître, en appliquant les clauses d’un pacte sociétal qui n’est plus d’actualité car beaucoup de choses ont changé. Le feuilleton n’apporte pas de solution aux malaises familiaux, il se contente de rapporter une histoire qui inclut l’observation d’autres cellules familiales aussi fissurées, aussi tremblantes sur leurs fondations.

Un feuilleton hivernal…

Les six épisodes de ce feuilleton sont en ligne ICI

Épisode 1 : http://circuitmortel.com/2015/12/de-trop-a-noel-16/

Épisode 2 : http://circuitmortel.com/2015/12/de-trop-a-noel-26/

Épisode 3 : http://circuitmortel.com/2015/12/de-trop-a-noel-36/

Épisode 4 : http://circuitmortel.com/2015/12/de-trop-a-noel-46/

Épisode 5 : http://circuitmortel.com/2015/12/de-trop-a-noel-56/

Épisode 6: http://circuitmortel.com/2015/12/de-trop-a-noel-66/

Beaucoup redoutent. Noël et la Saint-Sylvestre, cauchemar des familles recomposées, des personnes âgées qui restent seules, de tous ceux dont la popularité n’assure pas une série d’invitations plus excitantes les unes que les autres. Sans oublier ceux qu'un problème de santé ou des soucis financiers excluent des festivités. L’histoire se passe au moment de la trêve des confiseurs parce que la période des fêtes de fin d’année exacerbe les sentiments. Mais tous les lecteurs revivront des moments qui se sont déroulés dans leurs existences, parfois à d’autres époques. Car le thème véritable de l’histoire, c’est le sentiment du rejet par des personnes supposées aimantes et sûres. Parents, grands-parents, mais il pourrait tout aussi bien s’agir de fratrie, d’amis…

Un feuilleton hivernal…

En lisant DE TROP A NOËL, vous constaterez que votre famille n’est sans doute pas pire que les autres. Vous dresserez peut-être un bilan de votre existence. Elle n’est sans doute pas parfaite, mais existe-t-il des trajectoires sans zones glissantes, sans pièges, sans chagrins ? Philippe, le narrateur, transmet une vision sans complaisance des relations familiales, mais aussi un message de sérénité et d’espoir. Mieux vaut relativiser les contrariétés, s’attacher à ce qui en vaut la peine, chercher la lumière et le bonheur plutôt que ressasser les déceptions et rancœurs. En outre, DE TROP A NOËL vous invite à traverser la France en vous arrêtant dans de très belles régions.

QUELQUES LIENS A SUIVRE

 

Retrouvez Philippe dans un polar gourmand et plein d’humour cynique http://amzn.to/1nCwZYd

 

Des salades à la sauce Bolonié, un menu qui reste sur l’estomac de Philippe http://0z.fr/110Cx

 

Thierry Le Bras

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3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 15:37

http://img15.hostingpics.net/pics/706545ESCORT2000RS77BLOG.jpg « La moutarde commençait à me monter au nez, raconte Philippe. J’en avais vraiment ras le bol de la cuisine à la sauce magouilles mijotée par Brice Bolonié. Il était temps que je mette les pieds dans le plat. »    

 

Philippe Georjan raconte ici un épisode de la rivalité exacerbée qui l’oppose à Brice Bolonié depuis le collège. Les deux hommes possèdent en commun la passion absolue des sports mécaniques. Mais leur relation oscille depuis l’adolescence entre amitié et conflit plus ou moins ouvert.

 

- Philippe a toujours été un enfant gâté, persiffle Brice. A l’école, il se prenait pour un caïd parce qu’il avait quelques kilos et une demi tête de plus que moi. Si j’avais eu la même taille que lui, ç’aurait été moi qui lui aurais collé des tartes.

 

A dire vrai, quoique bien bâti, Brice était plus petit que la majorité de ses condisciples, situation qui, alliée à son caractère querelleur, lui valut souvent de se faire secouer comme un prunier…

http://img15.hostingpics.net/pics/537450CREPEBLOG.jpg

- Brice est quelquefois attachant, mais il a toujours aimé faire le cake, riposte Philippe. Il pousse le bouchon trop loin et il se trouve chocolat. Déjà au collège, il était aussi inconscient qu’un lapin de six semaines. Résultat, il s’exposait comme une dinde de Noël. Plus d’une fois il s’est retrouvé avec un œil au beurre noir. Moi, j’étais plutôt sympa avec lui. Je me contentais de le mettre par terre et de le prévenir que s’il continuait, j’allais l’aplatir comme une crêpe. Bien qu’il fût soupe au lait, il arrêtait généralement de faire sa tête de lard.  

 

Maintenant, laissons Philippe nous narrer l’histoire d’une saison agitée.

 

Les recettes de la victoire

 

- C’est la dernière saison de F1 qui m’a rappelé les embrouilles avec Brice cette année-là, commence Philippe. En course automobile, certains pilotes et leur entourage sont prêts à toutes les roueries pour gagner. Parfois, ça marche, la preuve en a été apportée en 2014 par un pilote qui roulait aux couleurs de la perfide Albion. Mais les plats empoisonnés en sport automobile sont des recettes ancestrales. En 1977, Brice Bolonié en connaissait un certain nombre et il n’éprouvait aucun scrupule à les utiliser.

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« Nous avions 25 ans et nous nous nous étions déjà construit tous les deux des palmarès respectables. Certes, nous n’étions pas des professionnels. Nous gagnions notre pain quotidien dans d’autres activités. Brice était directeur commercial chez MAGIE-JOUET, une chaine de magasins de jouets qui était aussi son principal sponsor. Moi, j’étais avocat et je bénéficiais également de partenaires solides, Univers Travaux Publics (UTP) et MONDIA-TRANS. Brice racontait à qui voulait l’entendre que mes sponsors me gavaient d’oseille alors que lui ramait et n’aurait plus un radis à mi saison s’il ne gagnait pas toutes les courses auxquelles il s’alignait. Il prétendrait qu’il y arriverait car il avait plus faim que moi. Connaissant l’amitié indéfectible que lui portait le DG de MAGIE-JOUET qui était aussi le fils du PDG de la firme, je n’ai jamais cru qu’il manquât de blé pour courir…  

 

Cette année-là, le hasard des choix de nos armes nous amena à nous inscrire dans la même catégorie, celle des voitures de moins de deux litres dites de Tourisme de série. J’avais choisi une Ford Escort 2000 RS et Brice une Opel Kadett GTE. Normalement, je devais être favorisé en course de côte et sur le sec, lui en rallye et sous la pluie.

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Les résultats du début de saison furent assez logiques. Brice m’a devancé au Rallye de la Côte Fleurie disputé de nuit au mois de Février sur des routes glissantes. Je n’ai jamais été en mesure de l’inquiéter. Je l’ai explosé au Touraine trois semaines plus tard. Un temps sec et un tracé rapide m’ont permis de donner toute la mesure de mon Escort. Une pluie persistante s’est révélée l’alliée des Kadett GTE début avril à l’Armor. Brice a pris sa revanche. Je savais depuis longtemps qu’il était rapide et qu’il serait un rude adversaire en rallye. Lors des épreuves suivantes, des courses de côtes, les choses ont tourné à mon avantage. Enfin, jusqu’à Bais Montaigu en juin. A ma grande surprise, Brice m’a collé une demi-seconde alors que je pensais avoir bien piloté… J’ai commencé à avoir des doutes.  

 

Fort de café

 

Même punition à Pluméliau dans le Morbihan début juillet. Malgré un parcours qui me semblait sans faute et plutôt favorable à mon Escort  2000 RS qu’à sa Kadett GTE, je me trouvais encore loin de Brice à la dernière montée. Il semblait avoir caché son jeu. Derrière lors des montées d’essais, juste devant à la première montée de course, et 7 dixièmes devant à la dernière. Étrange, d’autant que moi-aussi, j’avais amélioré au fil des montées.

 

- Il n’est pas conforme, j’en suis sûr, m’affirma mon cousin Laurent (1) qui m’accompagnait sur toutes les courses et me naviguait en rallye. Je l’ai chronométré dans la montée après le grand droite. Sa voiture accélère aussi fort que les Alpine groupe 4.

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- Dis-donc Brice, tu n’as pas peur de faire une salade de bielles avec ta bagnole gonflée comme un dragster ? lui ai-je demandé quelques minutes plus tard.  Ne me dis pas que tu es conforme.  

 

Le sport automobile a toujours été réglementé avec précision. Sur les voitures de notre catégorie, les modifications autorisées apportaient une augmentation de la puissance et de la tenue de route, mais elles étaient tout de même limitées, beaucoup plus que dans les groupes 2, 4 et 5.

 

- Si, je suis conforme, a-t-il répliqué avec un regard noir. Ce n’est pas de ma faute si toi et les pilotes de Commodore qui gueulent, vous conduisez comme des patates.

 

- Fais gaffe, Brice. Les choses vont tourner au vinaigre pour toi si ta voiture avance comme ça à la prochaine course. Je demanderai un démontage (NDLR : une vérification technique). Je n’ai pas l’intention de me laisser rouler dans la farine par sale petit un tricheur, je te préviens.

 

- Je suis meilleur que toi, c’est tout, gnagnagna. Il n’y a pas de quoi en faire un fromage.

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« Je n’étais pas le seul à me sentir indisposé par les tours de passe-passe de mon ancien camarade de classe. Deux pilotes de Commodore GSE vinrent lui demander des explications, furieux de s’être fait devancer par une 2 litres, ce qui n’était pas logique sur ce tracé. En côte, leurs voitures, plus puissantes, devaient battre la Kadett GTE. Au moins sur un parcours rapide et une piste sèche. Eux-aussi étaient des tout bons. Brice les prit de haut. « C’est pas d’ma faute si vous êtes des plats de nouilles incapables d’appuyer sur le champignon, se moqua-t-il. Non, c’est pas de ma faute à moi, moi Bolonié. Moi Bolonié, je vais tout gagner maintenant, en côte comme en Rallye. Moi Bolonié, je vais vous apprendre durablement le goût amer de la défaite à tous. Moi Bolonié, je suis le meilleur de tous et je ne partagerai pas les lauriers. »  

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"Je crus un moment que les choses allaient dégénérer et que le petit malin allait finir en bouillie. J’eus moi-même très envie de lui balancer une tarte dans la poire. S’il évita de se faire claquer le beignet, Brice n’échappa pas à une réclamation déposée par les deux pilotes de Commodore GSE qui bouillaient de colère. Le verdict ne se fit pas attendre. Arbre à cames, vilebrequin, taux de compression, injection, rapports de de boite, suspensions, rien n’était conforme sur la voiture de Brice. Sa machine était équipée de pièces homologuées en groupes 2, 4 ou 5. Autrement dit, Brice courait dans la catégorie des voitures dites de série avec une machine beaucoup mieux préparée, plus puissante et beaucoup plus chère que celles de ses adversaires. Le voleur de résultats était pris la main dans le pot de confiture. Il fut déclassé. Les pilotes de Commodore 2.800 cm3 se retrouvèrent premier et second du groupe 1. Moi, j’étais troisième de groupe et premier de ma classe de cylindrée, celle des voitures de moins de 2.000 cm3. Brice encourait en outre une suspension de sa licence de pilote dont la durée serait fixée par la fédération.  

 

Nous ne vîmes pas Brice Bolonié à la course suivante. Il se faisait oublier…

 

Cerise sur le gâteau

 

Mi-juillet, peu avant de partir aux 24 Heures du Spa que j’avais la chance de courir avec Xavier (2) sur une Ford Capri 3 litres, Brice vint me voir à l’improviste au cabinet. Il voulait que je le défende devant la commission disciplinaire de la fédération qui l’avait convoqué le 20 août.

BALANCE JUSTICE

- Je suis innocent, mentit-il. Si ma voiture n’est pas conforme, c’est parce que je la fais préparer en Belgique. Les réglementations ne sont pas les mêmes. Le gars s’est emmêlé les pinceaux entre ce qui est permis sur les voitures de production chez lui et le groupe 1 en France. En plus, il a mélangé dans son stock des pièces livrées par Opel pour des voitures de différentes catégories. Il s’est trompé en préparant ma voiture et il a monté des pièces interdites dans notre catégorie. C’est juste une erreur. Il m’a fait une attestation pour la commission. En plus, comme il ne parle que le Flamand, il a pu se tromper sur ce que lui avait demandé mon mécanicien. En tout cas, moi Bolonié, je peux regarder tout le monde dans les yeux en déclarant que je n’ai pas triché sciemment. Et moi Bolonié, je te promets que ces pièces ne m’ont pas favorisé. Au contraire, elles ont rendu ma voiture plus pointue à piloter. Je suis le meilleur pilote du plateau et c’est pour ça que je vais tout gagner maintenant. Je te propose un arrangement Philippe. La saison prochaine, nous nous entendons pour ne pas nous engager dans la même catégorie. Comme ça, ça ne te nuira pas trop que je sois le meilleur, moi Bolonié.  

 

- Tu crois que j’ai un QI d’huitre ou quoi ? Tu as oublié que si j’ai récupéré ma place à Pluméliau, tu m’as volé la victoire à Montaigu et sans doute à l’Armor comme au Côte Fleurie. Là, tu n’es pas déclassé. Or,  ta voiture était sûrement déjà hors normes. Et tu crois sérieusement que je vais te défendre ?

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- Ben, où est le problème ? Tu peux te servir de la mélasse dans laquelle je suis pour faire croire que sans les petites choses sur ma voiture, tu n’aurais pas bu la tasse dans les course où je t’ai mis la pâtée. Je t’offre de sauver l’honneur. D’autant qu’en te prenant comme avocat, je montre à tour le monde que je ne t’en veux pas de m’avoir traité de tricheur. Sans compter que je t’aide à gagner une affaire devant la fédé. D’autres pilotes en délicatesse avec les règlements  le sauront et ça te fera de nouveaux clients à l’avenir. Et puis ne t’inquiète pas pour les honoraires. Le DG de MAGIE-JOUET dit que tu n’as qu’à faire une fausse facture de 20.000 F.H.T. à la boite avec un libellé « consultation d’audit juridique ». Il paiera par retour.  

 

- Je croyais que tu n’avais plus un radis ?

 

- Bah, c’était des salades. En me faisant passer pour le pauvre petit gars qui affronte des pilotes que je qualifie de riches comme toi et les mecs aux Commodore, j’attire la sympathie du public. Les gens sont comme ça. En France, ils sont jaloux et tapent toujours sur celui qu’ils croient plus riche. C’est la meilleure recette de pub. Elle fait tout avaler. Même si la fédé me sanctionne, il suffira que je dise que j’ai triché uniquement parce que mes adversaires avaient plus d’argent que moi et les supporters m’adoreront pendant que toi et les autres, vous serez les salauds qui m’auront écarté en abusant de la loi.

 

« J’ai envoyé Brice planter ses choux ailleurs… Il est parti avec une tête aussi pincée qu’une grand-mère acariâtre qui s’apprête à grignoter un gâteau sec avec son thé au citron.

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« Brice Bolonié n’avait pas tort sur toute la ligne. Contrairement au dicton, le crime paye souvent. Cette année-là, le tricheur  a retourné la commission disciplinaire de la fédération comme une crêpe. Ses membres ont avalé sa salade à la sauce Bolonié. Aucune sanction ne fut infligée à la petite crapule. Pire, cerise sur le gâteau, en décembre, Brice Bolonié fut désigné gentleman-driver de l’année par le magazine Sporthebdo. Les 4 pages écrites à sa gloire le présentaient comme un pilote extraordinaire qui méritait qu’un constructeur investisse sur lui afin qu’il se consacre entièrement à la compétition. Pas un mot sur la non-conformité de sa voiture qui avait enrichi artificiellement son palmarès. Ça vous étonne ? Pas moi. N’oubliez pas que le premier  bénéficiaire de trois énormes « gates » révélés dans la discipline la plus renommée du sport automobile n’a même pas reçu un avertissement. La fédération ne s’est pas davantage formalisée du non-respect de l’équité sportive quand un team qui vend aussi des voitures de série a commencé à détruire les chances de son meilleur pilote pour permettre à l’autre de combler son retard et d’endosser le costume du champion…  

 

« J’ai quand même obtenu ma revanche cette année-là. Brice Bolonié est revenu à la compétition fin août avec une voiture sans doute conforme ou à peu près. Il ne m’a plus battu une seule fois cette année-là.

 

QUELQUES LIENS A SUIVRE

COUV VENGEANCE GLACEE

Retrouvez Philippe, Brice et les autres dans VENGEANCE GLACÉE AU COULIS DE SIXTIES, un polar vintage qui se conclut au bord de la piste des 24 Heures du Mans 1966 http://amzn.to/1nCwZYd

 

VENGEANCE GLACÉE AU COULIS DE SIXTIES, présenté sur Design Moteur http://bit.ly/1CBgu6H

 

Un autre univers de fictions automobiles http://bit.ly/1gDZwV5

 

Des fictions automobiles illustrées accessibles gratuitement http://circuitmortel.com/cat/fiction/

 

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(1) Laurent, cousin de Laurent et compère inséparable de ses aventures. Il est un des personnages principaux du roman  VENGEANCE GLACÉE AU COULIS DE SIXTIES

(2) Xavier Ferrant, pilote officiel du Team UTP et personnage important du roman  VENGEANCE GLACÉE AU COULIS DE SIXTIES

 

Philippe Georjan

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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 12:12

LUTTE-RONNIE.jpg Avez-vous déjà eu le sentiment devant un guichet de vous trouver à la porte d’un pénitencier tant votre interlocuteur imitait un rottweiler dressé à l’attaque ?  

 

Oui, forcément. Vous apprécierez donc les facéties de Ronan, vengeur d’un grand-père Victor opprimé par la mère Poupoune, l’acariâtre postière de Lanester dans le Morbihan. Ronan est un personnage de l’univers de David Sarel déjà apparu dans plusieurs nouvelles. Parfois à des moments où il souffrait du décalage entre ses ambitions sportives et  ses résulats. Mais il arriva aussi que Ronan joue le rôle du persécuteur et pas de la victime au bord du naufrage (comme sur la photo ci-dessus, prêt d'une nouvelle défaite face à son rival Luc - cf liens en fin de note) 

 

La mère Poupoune était une veuve en forme de petit tonneau – la faute sans doute à un goût immodéré de la bouffe et des alcools que son foie en béton armé ne modérait pas -, une sorte de gourdasse attifée avec le goût d’une gardienne de bagne, une grognasse aussi hargneuse que Sumo, le bichon maltais que les Chirac durent se résigner à exiler à la campagne.  

 

Le grand-père Victor était un carrossier retraité. Un ancien résistant. Un homme au caractère bien trempé qu’il ne fallait pas chercher. Et aussi un type foncièrement généreux avec ceux qu’il aimait, surtout Régine, sa compagne, et Éric, son petit-fils. Victor s’occupait beaucoup d’Éric. Il organisait régulièrement des activités pour sa bande de copains, une équipe dont Ronan Le Mat faisait partie depuis l’époque du jardin d’enfants. Ronan, c’était un gaillard râblé, pas très grand mais costaud, amateur de lutte, de bagnoles, de motos, de sensations fortes. Un blond avec quelques taches de rousseur qui lui donnaient l’air espiègle. Un bon gars qui avait quinze ans en 1968 et était apprenti carrossier, non seulement à cause de son amour des voitures mais également parce qu’il admirait le grand-père d’Éric et voulait lui ressembler. Il n’existait pas beaucoup de secrets entre la bande de Ronan et d’Éric et le grand-père Victor. Le retraité avait partagé leurs pires galères et s’était toujours mis en quatre pour eux. Alors Ronan, qui ne supportait pas les injustices, voyait rouge dès que quelqu’un osait s’en prendre au grand-père Victor.

 

La mère Poupoune en fit les frais à plusieurs reprises. Pourquoi cette hostilité tenace partagée par Victor et Ronan ?

 

- La postière s’était attirée les foudres de mon grand-père par un acharnement obsessionnel à le contrarier, m’a révélé Éric lorsque je l’ai interviewé afin de vous rapporter cette anecdote.

 

Ne me dites pas que l’interview d’un personnage de fiction vous étonne, « Les personnages de fiction vivent dans un monde parallèle où ils entraînent non seulement leur créateur mais aussi les lecteurs », a affirmé l’écrivain Serge Dallens. Il est donc tout à fait normal de les interviewer dans ce monde parallèle qui, je vous l’assure, ressemble beaucoup au nôtre.

 

- Personne ne sut jamais si l’attitude de la mère Poupoune relevait de la stupidité – ses yeux ne pétillaient pas d’intelligence – ou de la mesquinerie, a poursuivi Éric. Postière à une époque qui inspira Pierre Perret lorsqu’il chanta sa fameuse postière avec des points noirs sur le nez et qui ressemblait à un homard – une époque très antérieure à la nôtre où les employés de la  Poste sont devenus les plus aimables des services public, la mère Poupoune s’acharna durant quatre décennies à réclamer systématiquement sa carte d’identité à mon grand-père Victor lorsqu’il venait retirer un recommandé ou faire une opération sur son CCP alors qu’elle le connaissait. Bon, le fait que mon grand-père l’ait un jour traitée de vieille toupie et ait ajouté qu’elle était vraiment conne à bouffer du foin n’a sans doute pas arrangé les choses. Mais quand même, elle était vraiment trop conne aussi, cette foutue mère Poupoune.

 

Un autre défaut la rendait insupportable.     2-CV-MERE-POUPOUNE.png  - Elle conduisait comme une patate, ricane Éric. Mon grand-père vouait un culte aux voitures. Ronan et moi rêvions de vitesse et de bolides comme la majorité des jeunes de notre génération. Alors, la vieille enquiquineuse qui conduisait comme un pied une vieille dodoche toute cabossée, elle insultait notre arrogance d’adolescents dont la came, c’était les messages véhiculés par SLC Salut Les Copains. Ronan était un fan absolu de Johnny qui faisait de la course auto en Mustang. Moi, je l’aimais bien aussi et je vénérais Sylvie (NDLR : Vartan). Nous n’éprouvions aucune compassion envers la mère Poupoune qui avait pourtant dû souffrir et réaliser qu’elle avait raté sa vie avant de devenir la vieille bête aigrie que nous détestions, Les jeunes sont impitoyables.

 

Impitoyables, oui, au point de faire payer ses affronts à la mère Poupoune.

 

- Ronan s’était mis dans la tête de faire tourner la toupie en bourrique, témoigne Éric avec un sourie malicieux. Une fois, il a enfoncé une patate dans le pot d’échappement de sa 2 cv. Mon grand-père Victor et lui s’étaient planqués à quelques mètres dans la DS. Ils voulaient voir ce qui allait se passer. Lorsque la mère Poupoune a essayé de démarrer, le moteur a étouffé. Elle a cru qu’elle était en panne. Elle s’est gratté la tête, l’air ahuri. Puis elle a tenté un dernier coup de démarreur. Là, la patate s’est éjectée de l’échappement dans un vacarme d’explosion. La mère Poupoune a sursauté au point que sa tête à heurté la capote. Heureusement qu’elle roulait en  2 cv. Si elle avait eu une 4L par exemple avec un toit en dur, elle se serait assommée. Mon grand-père et Ronan ont fait des gorges chaudes dans le coin avec cette histoire. Je me demande si la vérité a fini par revenir aux oreilles de la mère Poupoune ?

 

Pressé de questions, Éric finit par avouer qu’il a lui-aussi œuvré à la préparation d’un piège contre la mère Poupoune.

 

- J’ai préparé le coup, mais je n’y ai pas participé directement, regrette-t-il. J’étais au lycée au moment précis où Ronan l’a mis à exécution.

 

Une bonne blague qui fit un tabac à la Poste.

 

- Ronan a laissé une carte sur le pare-brise de la dodoche. Il y prétendait qu’une autre automobiliste avait éraflé sa peinture. Il avait noté un numéro à rappeler pour le constat. La mère Poupoune est revenue téléphoner au bureau de poste. Elle est tombée sur une prostituée qui s’occupait d’habitude du plaisir des marins de la ville. Quand la mère Poupoune a parlé d’un rendez-vous, la fille a répondu que d’habitude, elle ne faisait pas les femmes, mais que moyennant un petit supplément… Tout le monde a entendu. Les gens se tordaient de rire. Ronan faisait semblant d’attendre son tour pour téléphoner. Il a assisté à toute la scène en direct. De toute façon, il avait décrété que ça ne se faisait pas de faire perdre son temps au grand-père Victor et qu’il fallait que la mère Poupoune paye la note et le pourboire…    

 

QUELQUES LIENS A SUIVRE

 

Ronan, tête de lard persécutée par l’andouille de Guémené : http://0z.fr/6ZDmV

 

Ronan secoué comme un prunier par un rival dur à cuire : http://bit.ly/1muWeWR

(quelques années plus tard)

 

Ronan joue, perd, puis gagne au finish http://0z.fr/DwoeM

 

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LARMOR PLAGE, été 1964, un peu de douceur de vivre Vintage après les rondelles d’andouille (de Guémené, pas si loin de Larmor-Plage !) 

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2012/07/26/larmor-plage-1964.html

ça, ce ne sont pas les souvenirs des personnages de fiction, mais quelques souvenirs d’enfance à cette époque. Ils sont moins angoissants, plus conviviaux, et se déroulent dans un univers plus policé. C’est normal. Les héros de mes fictions, ce sont mes personnages. Moi, je ne suis que leur biographe. Je n’ai pas joué de rôle essentiel au cœur d’abominables faits divers. Les montées d’adrénaline les plus délicieuses que j’ai connues, c’est au volant de voitures de course. C’est bien aussi…

 

Thierry Le Bras  

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19 juillet 2012 4 19 /07 /juillet /2012 17:56

7 Nouvelles pimentées signées Thierry Le Bras     56.jpg  Que représentent les vacances pour vous ? Le soleil, la mer, une maison paradisiaque, une ambiance conviviale, des grasses matinées, du sport, de bonnes bouffes, une vie sans contraintes ? Tout ça, c’est l’idéal, voire de la fiction. Si ça se trouve, il va pleuvoir tous les jours. La famille va s’engueuler et bouder. Les voisins vont vous réveiller à 5 heures tous les jours parce qu’ils rentreront de discothèque ou partiront à la pêche. Vous allez vous faire ridiculiser par votre beau-frère au tennis, puis jouer la lanterne rouge lors des sorties à vélo avec les copains. Ou encore chavirer trois fois par heure sur votre Hobbie Cat loué moyennant une colossale bouchée de pain à un commerçant saisonnier qui doit rentabiliser ses investissements sur six semaines. Les cartes des restaurants locaux afficheront des tarifs exorbitants. Les rafales de vent et les ondées transformeront les barbecues en cauchemars. En vous voyant en maillot de bains, de méchantes langues prétendront que vous avez grossi depuis l’été dernier. Vos parents vont impitoyablement vous culpabiliser parce que vous prenez des congés alors qu’eux, qui se sont sacrifiés pour vous élever, ils pourraient tomber malades pendant votre absence. Le bureau ne vous laissera pas tranquille. Votre portable et les mails relaieront les prétendues urgences de malappris jaloux de votre « douce » villégiature. Votre entourage se liguera dans un seul but, vous gâcher la vie.   1 DE COUV  Heureusement, je suis là. Je vous prodigue un bon conseil. Ce sont les vacances, pensez à vous. Soyez égoïste, offrez-vous du luxe et profitez en seul ! Je vous entends déjà. « Comme si j’avais les moyens de me payer du luxe avec mon découvert, la rentrée des classes et le troisième tiers qui se profilent, mes échéances, les travaux à faire à la maison… » Mais si, vous avez les moyens, car le luxe que je vous suggère ne va ni fâcher votre banquier ni vous attirer les foudres des autres membres de la famille.

 

J’ai pensé à vous. Je vous ai concocté un menu de lecture pour les vacances, 7 Nouvelles pimentées qui vous plongeront dans des univers délicieux d’humour, de cynisme, de gourmandise, de suspense, d’angoisse, d’injustice. Vous n’êtes pas le seul qui ne savoure pas sa vie comme un clafouti qui fond sur la langue. En lisant 7 Nouvelles pimentées, vous vous rendrez compte qu’il existe des voisins pires que les vôtres, des entreprises plus injustes que celle qui loue vos services, des enfances plus malheureuses que la vôtre, d’inquiétants criminels ailleurs que dans votre quartier, des gens plus seuls que vous, des familles plus monstrueuses que celle qui vous a donné le jour, des manœuvres diaboliques capables de mettre en cause l’existence paisible du plus serein des bourgeois… Vous allez bien rire, vous moquer de ceux à qui certains personnages des nouvelles vous feront songer, jouir des turpitudes des autres, vous identifier aux revanches de vos héros préférés, retrouver la frite en relativisant les imperfections de votre existence. A la fin du menu de lecture, vous ne ferez plus un fromage de vos soucis. Je suis convaincu que la présentation  des plats et un bref aperçu du langage gourmand présent dans certaines nouvelles vous ont déjà  mis… l’eau à la bouche.     LOGO GAIA JPEG 

7 Nouvelles pimentées est un livre numérique signé Thierry Le Bras. Un livre à lire en vous protégeant des importuns et des agressions extérieures. Un plaisir rien que pour vous, à vous offrir tout seul, égoïstement, sans penser pour une fois à tous ceux qui comptent sur vous, qui attendent que vous résolviez tous leurs problèmes en faisant fi de votre propre bonheur. La promesse de moments exceptionnels et privilégiés en compagnie de personnages que vous adorerez ou détesterez. Vous découvrirez  gratuitement les premières pages puis les téléchargerez si vous le souhaitez  moyennant un prix modique sur le site de son éditeur, Gaïa Village Publications :

http://www.gaiavillage.fr/catalog/7-Nouvelles-pimentees,7923.html

 

Vous voulez en savoir plus ? Cliquez sur le site Alfa Vendée, une concession automobile pas comme les autres que je remercie vivement de s’être intéressée à ce recueil :

http://www.alfavendee.com/archive/2012/07/17/7-nouvelles-pimentees.html

 

Thierry Le Bras    

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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 16:54

publié chez Gaïa Village Publications.

 

C’est mon dernier recueil de nouvelles et j’espère que vous prendrez autant de plaisir à le lire que j’en ai éprouvé à l’écrire.

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7 Nouvelles pimentées, ce sont des tranches de vie saignantes aux arômes d’humour cynique concoctées à base de recettes d’observation de l’âme humaine. Vous les apprécierez forcément. Chaque nouvelle comporte un titre, puis un sous-titre inspiré de l’esprit de l’histoire et d’une recette de cuisine. Une de ces histoires s’est déroulée près de chez vous, ou alors dans une région que vous connaissez bien.

 

Polars, sports et légendes évoque le plus souvent des récits et fictions en rapport avec le sport. Ne vous inquiétez pas si vous ne me connaissez que par ce biais. Le recueil ne déroge pas à l’esprit du blog. Plusieurs acteurs de ces nouvelles pratiquent passionnément un sport. Le meilleur ami de la belle et mystérieuse Marina fait du vélo, Ronan rêve de devenir champion de lutte, Erwan et sa copine sont des fondus de kayak de mer, Greg a été rugbyman pendant ses études.  David Sarel, un de mes héros récurrents préférés, est présent dans le recueil, bien qu’il n’y pilote pas une voiture de course mais se livre à un parcours du combattant sur un terrain judiciaire et familial Le lecteur croisera aussi un coureur cycliste et son manager qui ne sont pas des gentlemen. Mais que ceux que la compétition ne fascine pas se rassurent. Mes  7 Nouvelles pimentées ne sont pas des chroniques sportives. Si la pratique d’une discipline contribue à poser le caractère de certains personnages, aucune compétition n’est l’ingrédient principal du menu de lecture.

1 DE COUV

Mes  7 Nouvelles pimentées sont parfaitement digestes et ne comportent aucun désagrément diététique. Elles ne vous feront pas grossir. Au contraire, elles feront travailler les muscles des joues qui commandent le sourire et le rire. Autant affirmer sans risque de publicité mensongère qu’elles sont saines et bonnes pour la santé.

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N’attendez pas davantage. Précipitez-vous sur le site de l’éditeur, Gaïa Village Publications où vous pourrez les télécharger pour le prix tout à fait raisonnable de 7,20 € :

http://www.gaiavillage.fr/catalog/7-Nouvelles-pimentees,7923.html

 

Vous hésitez encore ? Quelques  informations complémentaires pour mieux vous convaincre :

http://www.viaouest.com/NEWS00fr-1365.htm

 

http://www.breizhoo.fr/informations/actualite-8625-7-nouvelles-pimentEes.html

 

http://circuitmortel.hautetfort.com/archive/2012/06/06/7-nouvelles-pimentees.html

 

« Les personnages de fiction vivent, non seulement dans l’esprit de leur créateur, mais aussi dans un monde parallèle où ils entraînent les lecteurs », écrivit Serge Dalens. Vous ne connaissez pas encore ceux qui interviennent dans mes  7 Nouvelles pimentées. J’espère que ce sera bientôt chose faite et que vous passerez des moments inoubliables en leur compagnie. N’hésitez pas à venir en parler sur ce blog !

 

Thierry Le Bras

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 18:27

7 Nouvelles pimentées signées Thierry Le Bras

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 C’est mon menu de lecture du jour.

 

7 nouvelles mijotées en Bretagne et ailleurs. La saveur se révélera dramatique, dérangeante ou drôle. Dans les récits qui composent ce recueil, la vie quotidienne, l’école, le bureau, le voisinage, l’entreprise, la famille, le sport déraperont sur des imprévus. Certains personnages ne réagissent pas conformément aux normes de la bonne société. Ils mettent du piment dans l’existence et alimentent une philosophie intemporelle et universelle, le cynisme !

 

J’y reviendrai très bientôt de manière plus exhaustive.

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En attendant, pour lire la présentation de l’éditeur et acheter le livre électronique

http://www.gaiavillage.fr/catalog/7-Nouvelles-pimentees,7923.html

 

Bon appétit de lecture !!!

 

Thierry Le Bras

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  • : Vous aimez le suspense et le danger ? Vous considérez la compétition sportive comme un univers romanesque avec ses angoisses, ses héros, ses exploits, ses enjeux et ses tricheurs ? Vous êtes réaliste et vous savez que des vampires assoiffés de cupidité croisent quotidiennement votre route ? Vous savourez goulument la bonne cuisine, les jeux de mots, la musique vous met de bonne humeur ? Les polars et nouvelles de Thierry Le Bras sont faits pour vous !
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  • Mon nom : Thierry Le Bras. Profession :  chroniqueur, écrivain, consultant. Ma passion, décrypter les mécanismes psychologiques qui animent les personnes les plus attachantes comme les plus dangereuses. Surtout dans des univers cyniques...
  • Mon nom : Thierry Le Bras. Profession : chroniqueur, écrivain, consultant. Ma passion, décrypter les mécanismes psychologiques qui animent les personnes les plus attachantes comme les plus dangereuses. Surtout dans des univers cyniques...

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